Démission de Saad Hariri au Liban : les clés du problème
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Juli Choquet
lundi 6 novembre 2017 Dernière mise à jour le Lundi 6 Novembre 2017 à 09:39

A la surprise générale, le Premier Ministre Libanais a annoncé samedi 4 novembre sa démission depuis Ryad en Arabie Saoudite. Mais quelles sont vraiment les raisons qui ont poussées l’homme du consensus d’octobre 2016 à quitter le gouvernement ?

Saad Hariri est un milliardaire et un homme politique Libanais. Fils de Rafik Hariri homme d’affaire sunnite assassiné en février 2005, Saad Hariri réalise d’abord une carrière économique en reprenant la société de son père Saudi Oger (en liquidation depuis juillet 2017). En 2009 il devient président du conseil des ministres mais faute de majorité il démissionne quelques mois plus tard. En 2014, il envisage de se présenter à l’élection présidentielle face à son ennemi politique Michel Aoun allié au Hezbollah Chiite dans les années 2000 et soutenu par l’Iran. Saad Hariri qui détient la double nationalité Libanaise et Saoudienne est un représentant du camp sunnite soutenu par l’Arabie Saoudite. De 2011 à 2014, il réside en France à Paris en exil. 

En 2016, la situation financière de son entreprise Saudi Oger est au plus mal et le gouvernement Saoudien ne le soutient plus autant qu’auparavant. Contesté par son propre camp, il est chargé par l’actuel président de la république Michel Aoun en octobre 2016 de former un nouveau gouvernement. Ses objectifs sont entre autre de redresser l’économie du Liban, de libéraliser le pays, de remonter le stock de devises et investissements étrangers ou encore de collaborer avec le Fond Monétaire International pour impulser les réformes financières du Liban. Du coté social, Saad Hariri doit trouver une réponse économique à la venue de plus d’un millions de réfugiés Syriens sur son territoire qui ne compte que 6 millions d’habitants.

Sa démission annoncée samedi 4 novembre à de quoi inquiéter. Craignant pour sa vie, Saad Hariri accuse l’Iran via le Hezbollah de jouer contre son camp et de déstabiliser son pays. D’un autre coté Hassan Nasrallah le leader du Hezbollah chiite Libanais accuse l’Arabie Saoudite d’avoir commandité sa démission.

Saad Hariri laisse un pays en suspens qui l’expose à une dégringolade économique. La croissance du Liban réussit malgré tout à atteindre les 2% en 2017. Des élections sont prévues pour le printemps 2018 mais d’après l’ancien ministre de l’Education Marwan Hamadé rien n’est moins sûr.

Pour en savoir plus, découvrez nos vidéos sur l’actualité économique au Liban :

 

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