Tunisie : Les raisons d'un ras-le-bol
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Sami Bouzid
jeudi 11 janvier 2018 Dernière mise à jour le Jeudi 11 Janvier 2018 à 11:20

La Tunisie connaît depuis trois jours des mouvements sociaux contre la loi de Finances. La rédaction a cherché a comprendre pourquoi les Tunisiens se soulèvent de nouveau en ce début d’année 2018. Décryptage d’une situation économique inquiétante.

L’avenue Bourguiba à Tunis a été le théâtre de manifestations nocturnes dans la nuit du mercredi 10 janvier.

C’est un début d’année mouvementé que connaît la Tunisie, sept ans après la révolution du jasmin. Le pays peine à trouver une stabilité économique. Ainsi les Tunisiens voient leurs conditions de vie se dégrader et l’austérité imposée par le gouvernement risque de faire de janvier un mois tendu dans les rues du pays. Mais la loi de Finances est-elle l’unique facteur ou une simple étincelle ? L’analyse de la situation économique du pays montre que les événements ne doivent rien au hasard, mais plutôt à une addition de facteurs économiques et sociaux.

Un accès plus difficile à la santé

L’accès à la santé par exemple, avec les chiffres publiés par l’Institut de statistiques national tunisien (INS) montre qu’il y a 1 pharmacien pour 4 279 habitants en 2016, contre 1 pour 2 365 en 2013. Le nombre de médecins baisse également, et l’accès aux soins subit aussi la hausse des prix. Celui-ci est d’ailleurs une des revendications principales des manifestants.

Un taux de chômage de 15,3%

A cela s’ajoute un taux de chômage de 15,3% au troisième trimestre de l’année 2017 ( 12,3% chez les hommes et 22,8% pour les femmes). Mais les chiffres du chômage deviennent encore plus surprenants lorsqu’on se penche sur les diplômés de l’enseignement supérieur. En effet on remarque qu’il est en constante évolution sur les deux dernières années pour atteindre 21,4% l’an dernier (voir graphique ci-dessous)

Source : Institut National de la Statistique de la Tunisie.

Un coût de la vie en constante augmentation

Le gouvernement de Youssef Chahed, l’actuel Premier ministre fait face à la rue, mais c’est dans les résultats économiques qu’il est attendu. Les indicateurs financiers sont au rouge, l’inflation que nous évoquions dans nos colonnes culmine à 6,4% au mois de décembre 2017.

A cela s’ajoute une dette publique qui frôle les 70% du PIB, une dépréciation du dinar Tunisie, et une injonction des institutions financières de réformer le pays. Le gouvernement a décidé de faire relever la fiscalité au détriment de la population, en augmentant par exemple la TVA, un impôt que tous les Tunisiens paieront indifféremment de leurs catégories socio-professionnelles. L’impact sur le pouvoir d’achat de la population, et particulièrement des plus fragiles, n’est pas des moindres. Dans le tableau ci-dessous on constate que les produits touchés sont nombreux et pèsent au quotidien sur le panier du tunisien.

Source : Institut National de la Statistique de la Tunisie

Dans un entretien avec Libération la journaliste indépendante Henda Chennaoui, qui est également porte-parole de « Fech Nestannew » collectif citoyen créé en début d’année prévient le gouvernement “ nous on n’a rien à perdre ” . Cette dernière décrit la situation du moment comme  un ras le bol généralisé de la jeunesse, des chômeurs et des étudiants “Elle appelle au nom du collectif ” à manifester en paix “.

Vendredi 12 janvier sera une journée décisive pour le collectif, et ses soutiens qui appellent à la manifestation. 

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