En Tunisie les universitaires alertent sur la fuite des cerveaux
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Juli Choquet
mardi 20 février 2018 Dernière mise à jour le Mardi 20 Février 2018 à 11:31

La Tunisie fait face à un mouvement de fuite de ses compétences. Une situation alarmante d’après l’Union des Enseignants Universitaires Chercheurs Tunisiens (IJABA) qui vient de publier un rapport. Enquête.

L’université de Tunis-Carthage.

Le constat est saisissant : 4 200 enseignants universitaires auraient quitté la Tunisie après la révolution. D’après le rapport publié par l’Union des Enseignants Universitaires Chercheurs Tunisiens (IJABA), le budget consacré par la Recherche a baissé de 75% entre 2016 et 2017.

Conséquence directe, des postes semblent en voie de disparition à l’université avec par exemple le concours de « maître assistant » qui n’a pas été organisé depuis maintenant plusieurs années.

D’après une autre étude menée par l’ITES, 78% des professeurs ou associés interrogés souhaiterait quitter la Tunisie. Toujours d’après la même source, 24 223 enseignants et/ou chercheurs universitaires auraient déjà pris la route du voyage.

En plus de la dégradation matérielle des universités, le décalage entre le taux d’évolution des salaires et le PIB serait de 49% d’après l’IJABA. De même, l’indice des prix de la vie courante et les salaires enregistrerait un écart de 20%. Ceci porterait l’inflation réelle subie par les universitaires à 11% d’après l’IJABA.

Autre explication menant à utiliser l’expression de « fuite des cerveaux », les voyages scientifiques ne seraient plus financés faute de quoi les universitaires Tunisiens se prive d’une connexion avec la recherche internationale en particulier Européenne pourtant accessible à 2h d’avion ! La part d’expériences scientifiques dans la recherche a diminué également rendant les objets de recherche à peau de chagrin.

D’après l’OCDE, 2 000 ingénieurs auraient quittés le pays à la suite d’une opportunité professionnelle à l’étranger. Le phénomène ne touche pas que les universitaires mais ausside plein fouet les jeunes diplômés. Par exemple les médecins inscrits à l’Ordre en 2017 seraient pour 45% d’entre eux déjà installés à l’étranger.

Une situation inquiétante pour le développement de la Tunisie, que le gouvernement cherche à endiguer via un programme de soutien au retour des compétences pour « la construction d’une Tunisie nouvelle » d’après les mots du premier ministre Youssef Chahed.

Pour en savoir plus, découvrez nos vidéos sur l’actualité économique en Tunisie :

 

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