Tunisie : l'inflation caracole à 7,6% au mois de mars
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Sami Bouzid
mercredi 11 avril 2018 Dernière mise à jour le Mercredi 11 Avril 2018 à 07:50

L’institut national de la statistique (INS) vient de publier les chiffres pour l’inflation sur mois de mars. On y apprend que celle-ci continue de croître pour atteindre 7,6% en mars 2018 en augmentation de 0,5% par rapport au mois de février.

Le prix des fruits et légumes ont augmenté de 23,4% sur l’année. 

De quoi miner le moral des ménages. Les nouveaux chiffres de l’inflation n’annoncent rien de bon pour une économie déjà en berne et confronté à de graves difficultés. Ainsi, le prix des produits alimentaires augmente de 8,7% , l’habillement de 8% et les transports sur l’année de 10%. Des chiffres qui sur l’année impressionnent pour certains, comme dans la catégorie alimentation où les prix des fruits ont augmenté de 23,4 %, ceux des huiles alimentaires de 13%, des poissons de 10,4% et des viandes de 9,7%. Les produits alimentaires non-frais ont également augmenté de 7%. 

Si le gouvernement essaye tant bien que mal d’agir sur le phénomène, sa marge de manœuvre est limitée. En effet, le problème est plus profond et trouve ses racines dans le cœur de l’économie tunisienne. Les réserves de change ont lourdement chuté, et ne couvrent plus que 76 jours d’importations. Une situation que les experts internationaux voient d’un mauvais œil puisque la doxa économique préconise en général d’avoir au moins de quoi couvrir 90 jours d’importations. D’autant que l’économie du pays est largement dépendante des importations avec une balance commerciale déficitaire, un fardeau pour l’économie ” dans chaque produit tunisien il y a une part d’importation “ analyse un expert du ministère du Commerce dans les colonnes du Point.

Autre fardeau pour le pays, le dinar a perdu de sa valeur et depuis le mois de décembre, il s’échange à un euro contre trois dinars. Il est d’ailleurs jugé,comme nous l’évoquions dans nos colonnes, encore trop haut par le Fonds Monétaire International (FMI), qui recommande de le déprécier de 10 à 20% pour rendre ” la Tunisie plus compétitive sur le marché international “. Il reste par ailleurs le seul levier sur lequel le nouveau gouverneur de la Banque Centrale Mohamed El Abassi peut jouer. 

Le gouvernement de Youssef Chahed se retrouve confronté à une inflation record et voit sa situation fragilisé à l’approche des premières élections municipales de l’histoire du pays qui se tiendront le 6 mai prochain. 

Pour en savoir plus, découvrez nos vidéos sur l’actualité économique en Tunisie:

 

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