Dépréciation du dinar en Tunisie : un pansement sur une jambe de bois ?
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Kheireddine Batache
mercredi 9 mai 2018 Dernière mise à jour le Mercredi 9 Mai 2018 à 15:05

Sous l’impulsion du Fonds Monétaire International (FMI), le gouvernement tunisien procède depuis quelques mois à une dévaluation massive de la monnaie nationale, pour tenter de contrecarrer les effets de l’inflation. 

Le dinar tunisien est en grande souffrance après une série de dépréciations intempestives. Pris en tenaille entre la montée en flèche de l’inflation (7,5 %) et le creusement du déficit budgétaire, le gouvernement tunisien ne sais plus à quel saint se vouer. En optant pour la dévaluation de la monnaie, il affaiblie dangereusement le pouvoir d’achat des tunisiens. 

Autrefois réputé pour sa solidité, face aux monnaies de référence, le dinar a perdu plus de 15 % de sa valeur par rapport au dollar et plus de 23 % par rapport à l’euro en seulement quelques années. Il en faut actuellement plus 3 pour 1 euro. Pourtant, le FMI semble ne se préoccuper que peu, des conséquences d’une telle politique sur l’économie des ménages en Tunisie. Dans ses dernières recommandations, il exhorte péremptoirement le gouvernement à davantage de dévaluation monétaire, en agitant le spectre d’une crise financière imminente. 

Une analyse loin de faire l’unanimité dans le cercle des experts économiques tunisiens, qui à l’image d’Aram Belhadj, professeur assistant d’économie à l’Université de Carthage, affirment que ni la dévaluation ni l’augmentation des taux d’intérêt, ne seraient en faveur d’une reprise économique sur le long-terme. Certains vont même jusqu’à dire que les mesures préconisées par l’institution de Bretton Woods seraient contre productives. Selon Aram Belhadj, un dinar flexible favoriserait la création d’emplois et soutiendrait les exportations. L’économiste soutient qu’une économie ouverte qui a recours à l’importation doit s’appuyer sur une monnaie forte, afin de pouvoir maitriser les prix des importations.

Pour sa part, le co-fondateur et président de l’Observatoire tunisien de l’économie (OTE), Chafik Ben Rouine, estime que le FMI n’apprécie pas le dinar à sa juste valeur : ” Revue après revue, le FMI estime avec une remarquable constance que le dinar est surévalué de 10 %. Cette estimation a été utilisée pour mettre plus de pression sur la Banque centrale afin de la pousser à consentir à la baisse de la valeur du dinar. ” a-t-il déclaré à la presse locale.

Pour en savoir plus, découvrez nos vidéos sur l’actualité économique en Tunisie :

 

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