Tunisie : Le FMI, encourageant mais prudent concernant la santé économique
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Nour Ben M'Barek
lundi 4 juin 2018 Dernière mise à jour le Lundi 4 Juin 2018 à 14:21

Une équipe du FMI dirigée par Björn Rother était en visite en Tunisie du 17 au 30 mai. Objectif ? Observer et enquêter sur la santé de l’économie tunisienne à l’approche de la troisième revue du programme de réformes économiques de la Tunisie avec le Mécanisme élargi de crédit (MEDC).

Le rapport de mission dresse un bilan mitigé de l’évolution de la situation économique tunisienne.

Cette enquête vise à déterminer les objectifs à atteindre afin de débloquer environ 257 millions de dollars qui constituent une partie de l’accord de prêt de 2,5 milliards de dollars signé entre le FMI et la Tunisie en 2016. Ce nouvel accord porterait le total des décaissements au titre du MEDC à environ 1,2 milliard de dollars. 

Le rapport de mission dresse un bilan mitigé de l’évolution de la situation économique tunisienne. Le FMI note plusieurs points positifs mais insiste sur la nécessité de mener des réformes d’urgence pour pallier aux points négatifs, ce que les Autorités Tunisiennes sont en train de tenter de mettre en place.

Le FMI remarque donc des signes de reprise de l’économie du pays avec notamment les excellents chiffres des exportations et de l’agriculture du premier trimestre 2018 qui ont porté la croissance à 2,5% en glissement annuel. Le taux de change plus flexible a permis au déficit du compte courant de s’améliorer et les Investissements Directs en Tunisie ont bien repris. La création de la Tunisia Investment Authority a permis de dynamiser les investissements et va contribuer sur le long terme à améliorer le climat des affaires.

Le FMI s’est montré satisfait des efforts entrepris par les tunisiens pour se sortir de la récession mais a tenu à insister sur la nécessité de continuer à prendre des mesures et ce, de manière urgente, car des points négatifs ont aussi été relevés.

L’inflation, le point le plus dangereux, a atteint 7,7% en glissement annuel, en avril, soit le plus haut niveau d’inflation depuis 1991. Il y a également une tendance à la hausse des prix, due à la pression des agrégats monétaires, qui fait perdre aux ménages de plus en plus de pouvoir d’achat.

De plus, les réserves de change sont en baisse ou stagnent et l’environnement économique global extérieur au pays est défavorable à une économie aussi fragile que celle de la Tunisie.

Le rapport émet des recommandations qui se dressent en une liste de priorités dont la lutte contre l’écart entre l’inflation et le taux d’intérêt est la numéro une. Il faut également se concentrer sur la baisse du déficit budgétaire et sur la mise en place de mesures de protections des catégories les plus pauvres.

Plus concrètement, le FMI insiste sur la baisse des subventions en énergie, qu’il considère bien trop favorable aux plus aisés. Cette mesure fait partie des mesures économiques du document de Carthage II. L’institution  préconise également une mesure pour contenir la masse salariale du secteur public qui est une des plus élevée au monde de manière proportionnelle. Enfin, il soutient la réforme des retraites qui doit être votée pour “améliorer la viabilité financière du système de sécurité”.

Pour en savoir plus, découvrez nos vidéos sur l’actualité économique de la Tunisie :

 

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