Les échanges commerciaux entre le Maroc et la CEDEAO appelés à croître
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Sami Bouzid
vendredi 8 juin 2018 Dernière mise à jour le Vendredi 8 Juin 2018 à 08:58

Les échanges commerciaux entre le Maroc et la CEDEAO sont appelés à se développer considérablement si le royaume venait à rejoindre ce groupement régional. C’est en substance ce qui ressort d’une étude réalisée conjointement par la Direction marocaine des études et des prévisions financières, et l’Administration marocaine des douanes et impôts indirects. Intitulée « Echanges commerciaux entre le Maroc et la CEDEAO : opportunités par pays et par produit », l’étude passe en revue les énormes opportunités d’échanges commerciaux entre les deux parties. Eclairage !

Le potentiel est là. La complémentarité des échanges prime sur la concurrence et la marge à gagner reste importante. Seuls 2,5% des produits échangés entre le Maroc et la CEDEAO sont soumis à concurrence, selon l’étude. Le Maroc accapare 11,6% des produits échangés, tandis que la CEDEAO en détient 5,2.

L’avenir est donc à la complémentarité des échanges commerciaux. Ces derniers ont d’ailleurs nettement progressé, atteignant 10,3 milliards de dirhams en 2017, contre 1,5 milliard de dirhams en 2000. Le royaume a notamment exporté vers ce groupement régional pour 9,4 milliards de DH (un peu moins de 808 millions d’euros) en 2017, contre 2,8 milliards de DH (un peu moins de 180 millions d’euros) en 2000.

Le solde commercial est globalement excédentaire en faveur du Maroc, avec plus de 8,5 milliards de DH (un peu moins de 718 millions d’euros) en 2017, contre 200 millions de DH (18 millions d’euros) seulement en 2000, précise l’étude.

Les engrais ont constitué 19,5% des exportations marocaines vers la CEDEAO sur la période 2010-2017, suivis par les produits de la mer, préparés ou conservés, avec 13,6%, et les huiles de pétrole ou de minéraux bitumineux avec 10,4%. Le groupe OCP est présent à hauteur de 68% en Afrique et a procédé à la création de plusieurs filiales depuis 2016, notamment dans les pays de la CEDEAO : OCP Ghana Limited, OCP Sénégal SA, OCP Africa Fertilizers Nigeria Limited, OCP Côte d’Ivoire SA et OCP Benin SA.

Cette stratégie a permis aux engrais de constituer 30% des exportations marocaines vers la CEDEAO, et ce rien que durant l’exercice 2017. Le Maroc reste le premier fournisseur de la région en engrais avec 32% de part de marché, suivi de la Russie (11,6%).

Quant aux importations marocaines en provenance de la CEDEAO, elles n’ont pas dépassé 0,8% en moyenne sur la période 2010-2017. Sans grande surprise, le Nigeria accapare à lui seul 61% des importations marocaines en provenance de ce groupement régional : propane et butane liquéfiés (41%), aliments pour animaux (13,4%), café et succédanés de café (12,7%), éléments chimiques inorganiques (4,6%), coton (4%).

De nombreux produits dans le viseur

L’étude s’est également intéressée aux produits à même d’ouvrir de nouvelles opportunités au Maroc en matière d’échanges commerciaux avec la CEDEAO. Ainsi, les produits du textile et habillement, ou encore les chaussures, constituent des marchés porteurs.

Aujourd’hui, la part de marché détenue par le royaume en la matière reste faible, en raison notamment d’une forte concurrence chinoise et indienne.  « En cas d’adhésion du Maroc à la CEDEAO, la suppression des droits à l’importation, fixés actuellement à 20%, serait de nature à impulser les exportations marocaines de ses produits et à améliorer, par ricochet, la part sur le marché de la Communauté », explique l’étude.

Il en est de même pour les produits « électricité et équipement de distribution », ou encore les légumes, frais, réfrigérés, conservés, séchés, qui offrent un énorme potentiel à l’export pour le Maroc dont la part sur le marché de la CEDEAO ne dépasse pas actuellement les 3,6%.

Les fromages, avec un taux de croissance annuel moyen de 2% des importations de la CEDEAO, offrent également de belles perspectives. Si la France reste le premier fournisseur de la région avec une part de 46%, contre 18% pour le Maroc, ce dernier est appelé à améliorer son offre exportable pour parvenir à grignoter des parts de marché au sein des pays de la CEDEAO.

Le royaume est, par ailleurs, le second fournisseur de la région en «préparations ou conserves de poisson», avec une part de 38%, juste après la Chine (39%).Le marché de l’automobile au sein de ce groupement régional recèle à son tour d’innombrables opportunités pour le royaume, souligne l’étude.

Actuellement situées à seulement 0,2% des importations d’automobiles de la CEDEAO, les exportations marocaines en la matière pourraient nettement s’améliorer avec la levée des tarifs douaniers établis actuellement à 10,2% en moyenne.

Pour en savoir plus, découvrez nos vidéos sur l’actualité économique au Maroc: 

 

 

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