La campagne de boycott ne faiblit pas
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Rédaction Ecomnews Med
mercredi 13 juin 2018 Dernière mise à jour le Mercredi 13 Juin 2018 à 08:38

La campagne de boycott, dénonçant la cherté de la vie au Maroc, frappe de plein fouet la filière laitière. Le CA de Centrale Danone risque de baisser de 20% au premier semestre. Retour sur cette campagne qui remporte une large adhésion auprès de la population.

Centrale Danone devrait voir son chiffre d’affaires baisser de 20% au premier semestre

Après bientôt deux mois, la vaste campagne de boycott qui vise trois entreprises, à savoir le distributeur de carburants Afriquia, Centrale Danone et les eaux minérales d’Oulmès, n’a pas l’air de s’essouffler, bien au contraire.

Aujourd’hui, la majorité est plus faible que jamais, les acteurs politiques semblent paralysés et un ministre a même été contraint de déposer sa démission. Selon plusieurs journaux de la place, cette campagne a fait preuve d’une grande capacité de mobilisation et a remporté une large adhésion, au point de menacer la coalition au pouvoir, dirigée par le Parti de la Justice et du Développement (islamiste).

La filière laitière dans l’œil du cyclone

Désormais, la filiale marocaine de Danone ne cache plus son inquiétude. Elle a ainsi annoncé que son chiffre d’affaires est appelé à dégringoler de 20% au premier semestre. L’entreprise a notamment réduit de 30% sa collecte de lait auprès de 120.000 éleveurs. Le boycott a également coûté la perte de centaines d’ouvriers au sein de la Centrale Danone.

D’ailleurs, d’autres entreprises de la filière laitière sont menacées de subir le même sort, car ils refusent de revoir à la baisse leur prix de vente, voire utilisent du lait en poudre qu’elles vendent sous l’étiquette « lait frais ». Mais les nombreuses mises en garde du gouvernement marocain contre les effets négatifs du boycott sur les petits agriculteurs et sur l’économie du pays en général ne semblent pas convaincre les boycotteurs.

Par ailleurs, Lahcen Daoudi, ministre des Affaires Générales et figure du parti de la Justice et du Développement, a suscité un tollé suite à sa participation à une manifestation anti-boycott organisée par des salariés de la Centrale Danone. Accusé de défendre les intérêts des entreprises au détriment des consommateurs, et désavoué par son propre parti, il a fini par démissionner le 6 juin dernier.

La Commission parlementaires des secteurs productifs s’est réunie ce mardi 12 juin en vue d’examiner la crise de la filière laitière, et les mesures prévues en faveur des petits agriculteurs, sévèrement impactés par le boycott de la filière laitière.

Aziz Akhannouch : une carte brûlée ?

Quant au Groupe Afriquia, propriété du ministre de l’Agriculture Aziz Akhannouch, et Président d’un des plus importants partis de la coalition, le Rassemblement National des Indépendants (RNI), il ne laisse filtrer aucune information quant aux pertes qu’il a subi. Considéré comme proche du Palais Royal, Aziz Akhannouch était même pressenti au poste de chef du gouvernement. Ses chances de briguer ce poste semblent aujourd’hui fortement compromises !

Enfin, la Direction des eaux minérales d’Oulmès s’est contentée de diffuser un communiqué dans lequel elle exprime sa compréhension face à cette situation qui témoigne « des difficultés rencontrées par les familles marocaines face à la cherté de la vie ». L’entreprise propose par ailleurs au gouvernement une TVA de 7%, au lieu de 20% actuellement, pour parvenir à baisser le prix de vente final.

Pour en savoir plus, découvrez nos vidéos sur l’actualité économique au Maroc :

 

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