Rapport sur la vente d’armes à l’Egypte : la France épinglée par certaines ONG
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Rédaction Ecomnews Med
jeudi 19 juillet 2018 Dernière mise à jour le Jeudi 19 Juillet 2018 à 12:54

Depuis son accession au pouvoir en 2014 après avoir « renversé » l’ex-président Mohamed Morsi, le régime militaire du maréchal Abdel Fattah Al-Sissi « est devenu progressivement répressif » dans un contexte sécuritaire complexe. C’est en tout cas ce qu’affirme un rapport publié le lundi 2 juillet, dans lequel quatre ONG des droits de l’Homme accusent la France d’avoir indirectement participé à la répression en livrant des armes.

C’est dans un rapport intitulé « Egypte : une répression made in France » que des ONG ont épinglé l’implication de la France dans la série de répressions commises par « le régime d’Al-Sissi ».

Il s’agit de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH), la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), le Cairo Institute for Human Rights Studies (CIHRS) et l’Observatoire des Armements (Obsarm). Ces organisations ont d’ailleurs appelé à l’ouverture d’une enquête parlementaire afin d’évaluer le degré de responsabilité de l’Etat français et des entreprises concernées.

Face à ces accusations, le gouvernement français semble botter en touche. Le Quai d’Orsay avait déclaré en octobre dernier « ne pas avoir de leçons à donner » à l’Egypte en matière de droits de l’Homme, jouant la carte de l’instabilité sécuritaire et de la lutte contre Daech pour « justifier » la vente d’armes. Même son de cloche du côté Caire. Le gouvernement justifie l’importation massive d’armes par la guerre contre les insurgés islamistes du Sinaï.

Des chiffres et des situations qui interpellent

Toujours selon le rapport, la France est devenue le premier pays exportateur d’armes vers l’Egypte depuis 2013. Entre 2010 et 2018, les livraisons d’armes sont passées de 39,6 millions à plus d’1,3 milliard d’euros avec une prédominance des armes dites conventionnelles.

On a donc assisté à un bond de plus de 300% en moins d’une décennie. A côté des armes, des sociétés françaises auraient également équipé les services de sécurité égyptiens de technologies de surveillance individuelle, d’interception de masse, de collecte des données et de contrôle des foules. Résultat : aucune communication n’échappe à la surveillance électronique de l’Etat. Ces activités ont coïncidé avec l’arrestation ou la « mise sous silence » de nombreux opposants, militants et bloggers.

Outre l’ouverture immédiate d’une enquête parlementaire, les ONG signataires du rapport exigent de la France et de ses entreprises exportatrices d’armes qu’elles cessent immédiatement leurs « activités mortifères ». Elles militent également pour un changement profond du système de contrôle des exportations françaises d’armes et de matériel de surveillance, notamment vers les pays « à risque ».

Pour en savoir plus, découvrez nos vidéos sur l’actualité économique de l’Egypte :

 

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