Maroc : Après 19 ans de règne de Mohammed VI, quel bilan social ?
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Rédaction Ecomnews Med
lundi 23 juillet 2018 Dernière mise à jour le Lundi 23 Juillet 2018 à 14:48

En 19 ans de règne du roi Mohammed VI, la société marocaine a évolué, mais les défis restent multiples, notamment en matière d’enseignement, d’emploi et de droits des femmes. Retour sur 19 ans de règne avec EcomnewsMed.

Dès son intronisation, le 30 juillet 1999, le roi des pauvres, comme l’aimaient à l’appeler les Marocains, notamment au cours des premières années de son règne, affiche sa volonté de construire un nouveau Maroc et de rompre avec l’héritage de son père.

Un défi de taille, la société étant constituée en majorité de jeunes au chômage et le taux d’analphabétisation battant des records. Au début des années 2000, le Royaume stagnait dans le bas des classements des Nations unies. Mohammed VI devra par ailleurs réconcilier la monarchie avec une société civile de plus en plus dynamique et organisée.

En mars 2000, soit 8 mois seulement après l’accession de Mohammed VI au trône, le Maroc était au rendez-vous avec deux marches opposant les islamistes aux progressistes au sujet de quatre points contenus dans le code de la famille fraîchement élaboré.

Pour éviter une crise politique au tout début de son règne, le roi, qui porte également le titre de Commandeur des croyants, s’est saisi du dossier en se rangeant du côté des progressistes. Après 4 ans, la Moudawana, ou Code du statut personnel marocain, a apporté une amélioration considérable à la situation des femmes dans le Royaume. Néanmoins, après une série de progrès sur le dossier du droit des femmes (loi sur la nationalité, quota au Parlement, égalité constitutionnelle, mariage, etc.), la cadence des réformes a accusé un ralentissement ces dernières années.

L’Initiative nationale pour le développement humain

En 2005, Mohammed VI lance l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale, en affirmant qu’il s’agit du « chantier de son règne ».

Ce grand projet comporte plusieurs programmes en matière d’éducation, de santé, d’activités génératrices de revenus, de routes, d’eau, d’électricité, etc. L’objectif étant d’améliorer les conditions de vie des populations démunies en leur offrant accès aux services et infrastructures de base.

Aujourd’hui, le bilan de l’INDH, qui célèbre cette année son 13e anniversaire, est plutôt positif. Depuis son lancement en 2005, l’INDH a réalisé plus de 44 000 projets au profit de 10,4 millions de bénéficiaires, à un montant global de 42,8 milliards de dirhams.

Les retombées dans le domaine de la santé sont notamment significatives et le taux de pauvreté a nettement reculé. Par ailleurs, l’INDH a instauré un nouveau type de relations entre l’administration et les citoyens. Aujourd’hui, les collectivités locales et la société civile prennent part à la conception et la mise en œuvre des programmes nationaux.

Le secteur de l’éducation, en revanche, malgré tous les efforts consentis et les réformes successives, accuse encore un retard flagrant. Pour y pallier, une réforme du système éducatif est actuellement en cours et s’étale de 2017 à 2030.

Le 18 juillet a été lancé le Plan national relatif à la généralisation de l’enseignement du préscolaire. A cette occasion, le roi a adressé un message dans lequel il affirme que l’enseignement de haute qualité est « un droit pour l’enfant et une obligation pour l’Etat et le gouvernement ». Et d’ajouter que « Le préscolaire connaît une faiblesse car il n’a pas profité des efforts de l’Etat ». Il a ainsi appelé à accorder au préscolaire un caractère obligatoire pour tous les enfants.

Les protestations sociales se poursuivent malgré tout

Ces avancées ont été quelque peu éclipsées par le printemps arabe. Le Maroc n’a, en effet, pas été épargné par cette vague de protestations populaires qui a envahi le monde arabe et causé la chute de plusieurs régimes, notamment en Tunisie et en Egypte.

Les revendications du mouvement du 20 février, qui ont débouché sur l’organisation d’un référendum et l’adoption d’une nouvelle constitution en juillet 2011, étaient, en partie, sociales. Quant à celles du Hirak (mouvement) du Rif, qui s’est déclenché en octobre 2017 en réaction à la mort tragique d’un vendeur de poisson, elles sont majoritairement sociales.

Ce mouvement populaire a été violemment réprimé et ses leaders punis par de lourdes peines de prison. Aujourd’hui, l’indépendance de la justice est remise en cause et des voix s’élèvent pour demander au roi d’accorder une amnistie générale aux détenus.

Pour en savoir plus, découvrez nos vidéos sur l’actualité économique au Maroc :

 

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