Mohammed VI : quel bilan politique après 19 ans de règne ?
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Rédaction Ecomnews Med
jeudi 26 juillet 2018 Dernière mise à jour le Jeudi 26 Juillet 2018 à 14:03

L’intronisation du roi Mohamed VI, le 30 juillet 1999, s’est déroulée dans le calme et la sérénité, renvoyant au monde l’image d’un pays stable qui ne craint pas la succession. Le jeune roi devait se délester de l’image de son père pour renvoyer l’image d’un monarque moderniste, ouvert sur le monde, sans pour autant rompre avec l’héritage et les traditions de la dynastie alaouite. Le souverain visait ainsi à jeter les bases d’un Etat de droit et à insuffler une nouvelle culture politique dans un pays qui a connu des « années de plomb ». Bilan, 19 ans plus tard.

Dans son discours du 12 octobre 1999, Mohammed VI a promis à son peuple un « nouveau concept de l’autorité » qui assurerait la protection des libertés, préserverait les droits individuels, veillerait à l’accomplissement des devoirs et réunirait les conditions à l’émergence d’une vraie démocratie.

Un mois plus tard, le roi joint l’acte à la parole avec une décision forte : limoger le tout puissant Driss Basri, célébrissime vizir du roi Hassan II et ministre de l’Intérieur depuis 1979. Ce limogeage sera alors accueilli avec une grande satisfaction, ouvrant la voie au démantèlement du dispositif sécuritaire tentaculaire déployé sous Hassan II.

La Direction générale de la surveillance du territoire, la police (DGSN) et les renseignements extérieurs (DGED) ont subi une refonte et de nouveaux profils ont émergé. L’Instance équité et réconciliation (IER) est mise en place le 12 avril 2004 par le roi pour « solder » les années de plomb et permettre aux Marocains de dompter les démons du passé.

S’il est vrai que des milliers de familles de victimes ont été indemnisées, force est de constater que dix années après la rédaction des recommandations de l’IER, l’Etat marocain est toujours réticent à les appliquer dans leur intégralité.

Le Sahara occidental : l’apanage exclusif du palais

Le volet du Sahara occidental reste encore aujourd’hui la priorité absolue de la diplomatie marocaine. Le Maroc, par la voie de ses ministres des Affaires Etrangères consécutifs mais surtout de son souverain, a mené une offensive sur tous les fronts, menant à plusieurs victoires diplomatiques, que ce soit en Afrique ou à l’international.

Sur le continent, plusieurs pays ont retiré leur reconnaissance de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD). La politique africaine du Maroc se veut un modèle de partenariat gagnant/gagnant, empreint d’un certain pragmatisme et de Realpolitik, avec le soutien des échanges commerciaux avec des pays pourtant sympathisants du Polisario, notamment en Afrique australe. Cependant, le Maroc accuse régulièrement des revers sur la scène continentale.

Si le Royaume est revenu à l’Union Africaine le 30 janvier 2017, il n’a pas réussi à éjecter la RASD du siège qu’elle occupe depuis 1984. L’autre « camouflet » reste le refus catégorique par le Polisario de la proposition de large autonomie proposée par le Maroc.

Le roi élude le Printemps arabe

Nommé par le roi en novembre 2011, Abdelilah Benkirane, premier chef de gouvernement après la promulgation de la nouvelle constitution, est un islamiste modéré. C’est une première au Maroc, où les relations entre la Makhzen et les islamistes étaient historiquement conflictuelles. Benkirane, alors secrétaire général du Parti de la Justice et du Développement (PJD), a clamé son allégeance à la monarchie.

Il lui fut même reproché d’être trop conciliant vis-à-vis du monarque, au point de ne pas user des nouveaux pouvoirs que lui a confiés la nouvelle constitution. Dès lors, l’intégration du PJD « dans les rangs » est perçue comme une victoire pour le Palais.

C’est la raison d’ailleurs pour laquelle en 2007, Fouad Ali El Himma, proche du souverain alaouite, a créé le « Mouvement de tous les démocrates » qui a débouché sur la création du Parti Authenticité et Modernité (PAM), ouvertement anti-islamiste.

Aujourd’hui, le paysage politique est perçu comme étant morose par une grande majorité des Marocains, qui déplorent l’inaction du gouvernement face à la campagne de boycott et au Hirak du rif.

Pour en savoir plus, découvrez nos vidéos sur l’actualité économique au Maroc :

 

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