Le roi limoge son ministre des Finances
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Rédaction Ecomnews Med
vendredi 3 août 2018 Dernière mise à jour le Vendredi 3 Août 2018 à 07:49

Le roi Mohammed VI vient de limoger son ministre de l’Economie et des Finances, Mohamed Boussaïd, à peine trois jours après le discours du Trône. Cette décision a eu l’effet d’une bombe dans la sphère politique marocaine. La raison évoquée dans le communiqué du Cabinet royal, en l’occurrence la « reddition des comptes », ne semble pas convaincre les observateurs qui évoquent d’autres raisons. Eléments de réponse !

Le RNI (Rassemblement national des indépendants) avait été épargné par les limogeages d’octobre 2017 qui avaient touché des ministres appartenant à différentes formations politiques. Cela a poussé certains à avancer l’hypothèse selon laquelle le RNI, le parti de Moulay Hafid Elalamy, actuel ministre de l’Industrie et du Commerce, serait intouchable. Ce limogeage se voudrait donc une réponse du berger à la bergère !

Selon certains analystes, le premier cercle du roi n’aurait pas apprécié la méthode avec laquelle s’est passée la cession de Saham Assurance, annoncée en grande pompe, au profit sud-africain Sanlam, au moment où le gouvernement sud-africain n’a pas montré le moindre signe de rapprochement avec le Maroc, notamment sur la question du Sahara.

Notons que Mohamed Boussaïd et Moulay Hafid Elalamy appartiennent à la même formation politique. Certains avancent une situation de conflit d’intérêt, d’autant qu’une mesure fiscale dérogatoire introduite par le département de Boussaïd dans le projet de Loi de finances 2018 semblait profiter à tout point de vue à Elalamy, provoquant au passage un manque à gagner de 420 millions de dirhams de recettes fiscales.

Mais contrairement à la précédent vague de limogeage, celle-ci laisse planer plusieurs questions quant à ses tenants et aboutissants. La raison avancée par le Cabinet royal donne du fil à retordre aux analystes et autres politiciens, mais également aux citoyens qui se sont laissés aller à toutes les hypothèses, notamment sur les réseaux sociaux.

Si certains croient savoir que le roi n’a pas apprécié que Boussaïd qualifie les citoyens ayant boycotté Danone, les stations Afriquia et les eaux de Sidi Ali de « Madawikh » (« étourdis » « égarés »), certains imputent cette décision aux retards de paiement de l’Etat.

Un ministre de l’Economie par intérim est déjà désigné

Parmi les raisons également évoquées, on citera les retards pris dans la mobilisation des fonds alloués au programme Al Hoceima Manarate Al Moutawassit, qui pâtissait déjà de grandes lenteurs. Quelle que soit la raison ayant induit l’éviction du ministre de son poste, aucun analyste ne semble, pour l’instant, avoir la réponse ! Saâd-Eddine El Othmani, le chef du gouvernement marocain, vient de désigner, ce 2 août, par décret, Abdelkader Amara, ministre de l’Equipement, de la logistique, du transport et de l’eau, qui devra donc chapeauter les Finances par intérim en attendant la nomination en bonne et due forme du prochain ministre. 

Pour en savoir plus, découvrez nos vidéos sur l’actualité économique au Maroc :

 

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