Tunisie : L'égalité devant l'héritage focalise l'attention
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Sami Bouzid
mardi 21 août 2018 Dernière mise à jour le Mardi 21 Août 2018 à 12:38

L’annonce du soutien du président Béji Caïd Esebessi à un projet de loi sur l’égalité successorale a été largement reprise dans le monde. Elle relance l’éternel débat dans la relation entre la religion et l’Etat dans les pays du monde arabe.

 

« Liberté, ordre, justice » à cette devise adoptée en 1956 , la Tunisie ajoutera peut être un jour le mot : Egalité. Fer de lance des printemps arabes, le pays se distingue encore une fois du monde arabo-musulman en mettant sur la table une question tabou : l’héritage.

Dans les pays musulmans , la tradition islamique impose un partage où la part d’un homme est deux fois celle d’une femme. Une inégalité justifiée par une autre inégalité. En effet, cette règle est appliquée avec la considération que l’homme est responsable des dépenses de sa famille et a donc un plus grand besoin que la femme de cet héritage. Une contre-vérité qui provoque une inégalité à long terme, puisque l’héritage est l’un des premiers facteurs d’inégalités dans les sociétés en général.

Ainsi, le gouvernement tunisien sur les conseils de la Commission pour les libertés individuelles et l’égalité, formé il y a un an, s’apprête à corriger cette injustice. Le 13 août dernier, à l’occasion en Tunisie de la journée nationale du droit des femmes , Béji Caïd Essebesi a apporté son soutien au projet de loi et une manifestation réunissant ,selon nos confrères du Monde, entre 2000 et 3000 personnes a eu lieu sur l’avenue Bourguiba. « Mon frère et moi kif-kif » lisait on sur certaines pancartes.

Les manifestants sont d’ailleurs pour beaucoup venus apporter non seulement un soutien à cette loi mais dire « non à l’islamisation du pays ». Une missive non voilée en direction d’Ennahada, le parti islamo-conservateur, que beaucoup accusent de « double discours ».

Ennahada reste dans le flou

Le parti majoritaire à l’Assemblée et allié du parti présidentiel Nidaa Tounes , n’a pas encore donné de position explicite sur le thème mais a déjà « émis des réserves sur certains points » de l’aveu du Président Essebsi.

L’ancien Premier ministre Ali Larayedh s’est obstiné à avancer que « le combat pour le droit des femmes n’est pas contre la religion et l’identité ,mais se fait dans le cadre des enseignements de la religion ». Une manifestation contre le projet de loi a d’ailleurs réuni près de 5000 personnes à Tunis. Le Président a exhorté les députés d’Ennahada à voter le projet de loi, mais rien n’est moins sûr , puisque au cœur même de son parti les élus ont des avis divergents.

Le débat à l’Assemblée promet d’être houleux, d’autant que la crise économique continue de frapper durement le pays et que les échéances électorales de 2019 aiguisent l’appétit des différents acteurs politiques.

Pour en savoir plus, découvrez nos vidéos sur l’actualité économique de la Tunisie :

 

 

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