Chroniques d'Algérie : De l’économie industrialisante à l’économie de rente (1970 - 1986 )
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Rédaction Ecomnews Med
dimanche 2 septembre 2018 Dernière mise à jour le Dimanche 2 Septembre 2018 à 03:50

Voguer paisiblement vers le plein emploi et la prospérité économique grâce au financement « bienveillant » de la manne pétrolière. C’est le destin enviable auquel on prédestinait l’Algérie, jeune nation fraîchement indépendante. Mais en cours de route, le rêve industrialisant s’est mué en réalité rentière. Voici le récit de la période 1970 – 1986.

C’est indubitablement le grand titre de cette période qui aura été décisive pour l’économie algérienne. L’allocation des ressources était préférentiellement dirigée vers l’industrie, avec des chiffres éloquents. A la fin du plan quadriennal 1970 – 1973, l’investissement a bondi de 150%. Entre 1973 et 1977, il a plus que doublé (+220%). Pendant la décennie 1970, l’investissement affichera un taux de croissance cumulé de 16%, contre 7,3% pour le PIB. Mais ce changement, d’apparence structurelle, trouvera son épilogue pour deux raisons principales :

  • En 1985, l’Algérie a cumulé un ensemble industriel massif qu’elle n’arrive toujours pas à exploiter pleinement. Le sous-emploi des capacités industrielles induit une surutilisation de la rente pétrolière avec, en conséquence, un endettement coûteux ;
  • Le changement progressif de vision stratégique au plus haut sommet de l’Etat après le décès du président Houari Boumediene, en décembre 1978.

Les volets essentiels de l’industrie (biens d’équipement notamment) sont toujours au point mort. Pour palier cette morosité, les hydrocarbures captent encore plus d’investissements au détriment de l’industrie lourde. L’Algérie continue encore aujourd’hui d’accuser les conséquences de ce cheminement inéluctable. Le passage de l’amont vers l’aval (pétrochimie, engrais, pharmacie) sera finalement anecdotique.

Tous les œufs dans le même panier : celui des hydrocarbures

In fine, les fonds injectés dans l’industrie seront de plus en plus captés par le pétrole : 45% durant le premier plan quadriennal, 47% durant le second puis 56% à la fin de la décennie 1970. En conséquence, les autres blocs industriels seront progressivement délaissés. Les biens d’équipements, qui recevaient 11% des investissements industriels pendant le premier plan quadriennal, n’en recevront que 7 à 8% pendant la décennie suivante. La section des biens intermédiaires connaîtra la même dégringolade : de 29% en 1970 à 22% en 1985.

Pour les analystes de la Banque Mondiale, le niveau élevé de la croissance du PIB pendant la période 1970 – 1985 est quasi-exclusivement le fruit d’une injection massive et soutenue du capital, et non d’une exploitation des immobilisations acquises. La BM note même qu’avec un niveau d’investissement aussi élevé, la croissance du PIB aurait dû être beaucoup plus importante que la moyenne enregistrée dans les années 1970 (3%) et la première moitié des années 1980 (2%).

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