Chroniques d’Algérie : la nécessité de diversifier l'économie
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Rédaction Ecomnews Med
dimanche 2 septembre 2018 Dernière mise à jour le Dimanche 2 Septembre 2018 à 03:48

L’édition 2017 du rapport « Perspectives économiques en Afrique », réalisé par la Banque africaine de développement, en collaboration avec le Centre de développement de l’OCDE et le Programme des Nations unies pour le développement, pointe du doigt une forte désindustrialisation de l’Algérie au cours des trois dernières décennies. Ainsi, « en 2015, l’industrie manufacturière hors hydrocarbures a compté pour environ 5% du PIB, alors qu’elle en représentait environ 35% à la fin des années 80 ».

« Trois décennies après l’amorce des réformes, l’industrie en Algérie reste dominée par les hydrocarbures qui constituent sa principale ressource. Les exportations hors hydrocarbures ne dépassent pas 2 milliards dollars », souligne le rapport.

Les rédacteurs du rapport estiment que malgré les efforts du gouvernement en matière de climat des affaires, des réformes plus sérieuses restent à engager. Ils ont identifié plusieurs aspects nécessitant des améliorations, notamment l’accès au crédit, la protection des investisseurs minoritaires, le commerce transfrontalier, la réglementation du marché des facteurs (main-d’œuvre et terres) et le transfert de propriété.

Les hydrocarbures représentent 98 % des exportations de l’Algérie, génèrent 70 % des recettes fiscales et contribuent à hauteur de 50% au PIB. Durant les seize dernières années, les responsables dépensaient sans compter, mais à partir de juin 2014, les revenus pétroliers ont commencé à baisser, passant de 60 milliards de dollars à 31 milliards de dollars en 2017.

Ce revirement de situation plutôt brutal a mis à nu le modèle rentier qui prévaut en Algérie. La manne financière dilapidée en une décennie sans pour autant parvenir à développer une économie forte et diversifiée met à mal l’argument de l’étranglement financier employé par les gouvernements successifs durant les années 80 et 90.

Le pays dispose d’une fenêtre d’opportunités

La prédominance de l’économie de rente a fini par avoir un effet dévastateur sur les modes de production et d’échange des richesses en Algérie. En effet, l’Etat algérien a abandonné ses ambitions «développementistes» pour s’orienter vers un management de type «rentier clientéliste».

Mais après avoir complètement épuisé ses réserves et même dû recourir à la planche à billets pour éponger ses déficits, l’Algérie se trouve désormais devant l’urgence de diversifier son économie. Les nouvelles technologies, l’industrie et le secteur agro-alimentaire sont parmi les pistes les plus prometteuses.

Malgré toutes ces contreperformances, le Fonds monétaire international (FMI), dans son rapport d’évaluation de l’économie algérienne, estime que l’Algérie dispose toujours « d’une fenêtre d’opportunités » pour se libérer de sa dépendance au pétrole et mettre en place une économie diversifiée.

Cela nécessitera un large éventail d’options de financements. Mais l’Algérie, qui garde un mauvais souvenir de l’ajustement structurel du FMI qu’elle a subi durant les années 1990, ne semble pas emballée par l’idée de recourir au financement international.

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