Chroniques d'Algérie : Vers la fin du modèle rentier ?
#Actualite #AideAuxEntreprises #AnalyseEconomique #AvisDExperts #BuzzNews #Collectivites #Decideurs #Economie #Emploi #EnDirectDe #Entreprises #Institutions #Politique #VieDesEntreprises #ALGERIE
Rédaction Ecomnews Med
dimanche 2 septembre 2018 Dernière mise à jour le Dimanche 2 Septembre 2018 à 03:48

De simple moyen de développement au départ, la rente s’est transformée en modèle à part entière en Algérie. Aujourd’hui, à une année du lancement du Programme de réformes économiques pour l’entreprise (PREE) par une coalition d’associations professionnelles et d’organisations patronales, l’Algérie est, plus que jamais, appelée à adopter une nouvelle approche de la relation Etat-entreprises, dans la perspective de diversifier l’économie du pays,et le libérer de l’emprise de la rente.

En Algérie, il est étonnant de constater que lorsque la valeur de la rente des hydrocarbures s’accroît, les réformes stagnent et l’on assiste à une redistribution pure et dure de la rente pour acheter la paix sociale, avec une concentration des richesses du pays au profit d’une minorité.

La baisse des recettes des hydrocarbures, suite à l’effondrement des prix du baril, ainsi que la diminution des quantités exportables mettent, certes, sous pression le modèle économique et social algérien, mais constituent également une chance, dans la mesure où l’Etat algérien sera obligé d’enclencher une réelle transition vers une réelle économie hors hydrocarbures.

La majorité des acteurs économiques algériens s’accordent aujourd’hui à dire que le modèle rentier a atteint ses limites et met en péril la cohésion sociale en Algérie. Les entreprises ont un rôle clé à jouer dans cette transition vers un nouveau modèle de croissance qui repose sur la diversification de l’économie, le renforcement de la compétitivité et l’intégration de l’économie algérienne dans les chaînes de valeur mondiales.

Pour atteindre cet objectif stratégique, le think tank algérien CARE (Cercle d’Action et de Réflexion Autour de l’Entreprise) préconise une refonte du rôle de l’Etat et une amélioration de la bonne gouvernance, du climat des affaires, de la compétitivité des entreprises et de la qualification des ressources humaines.

Comment éviter le scénario vénézuélien ?

Pour le CARE, aucun gouvernement ne peut résoudre seul les nombreux problèmes auxquels fait face l’économie algérienne. L’adhésion des acteurs économiques devient dès lors un impératif, et pour cause. Les entreprises connaissent mieux que l’Etat les rouages du business, les exigences des marchés, les techniques de négociation et de marketing, etc.

Elles sont de ce fait mieux placées pour devenir la locomotive qui saura tirer l’économie algérienne vers la diversification, la croissance et le progrès. L’époque où, dopés par la rente pétrolière, les pouvoirs publics algériens réagissaient aux problèmes économiques et sociaux par la dépense, est-elle révolue ?

Quoi qu’il en soit, l’Algérie ne pourra pas compter sans fin sur l’économie de rente pour acheter la paix sociale. Pour éviter une faillite à la vénézuélienne, la classe politique algérienne doit en finir avec la démagogie. Le gouvernement algérien devrait notamment s’inspirer de ce qu’a fait la Norvège, qui a neutralisé une grande partie des recettes des hydrocarbures dans un fonds souverain investi à très long terme, pour assurer un avenir serein aux générations futures.

Dossier spécial Algérie :

Chroniques d’Algérie : L’économie post indépendance 

Chroniques d’Algérie : 1970-1986

Chroniques d’Algérie : 1986-1990 

Chroniques d’Algérie : Diversifier l’économie 

Pour en savoir plus, découvrez nos vidéos sur l’actualité économique de l’Algérie :

 

Réagissez à cet article

Vos commentaires

Rejoignez la discussion

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *