Le choléra en Algérie : inquiétude et colère des habitants
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Rédaction Ecomnews Med
mardi 4 septembre 2018 Dernière mise à jour le Mardi 4 Septembre 2018 à 07:16

Les autorités algériennes sont pointées du doigt sur les réseaux sociaux dans la gestion de l’épidémie de choléra pour leur manque de réactivité et de communication.

Le Ministre algérien de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Mokhtar Hasbellaoui, a indiqué dans un communiqué paru le 27 août que 56 cas de choléra ont été confirmés sur les 161 cas hospitalisés.

Plusieurs régions sont concernées Bouira, Blida, Tipasa, Alger, Médéa, Ain Defla. Après deux décès, les Algériens font part de leur inquiétude et de leur colère suite à la réapparition de cette maladie dont le dernier cas avait été enregistré en 1996.

Quelques nouvelles rassurantes

Les malades diagnostiqués sont actuellement pris en charge aux hôpitaux El Kettar et Boufarik. Constatant le vent de panique dans la population, le Ministère s’est voulu rassurant indiquant que le nombre d’hospitalisations avait significativement diminué, passant de 33 cas (le 23 août) à 4 cas (le 26 août).

Le docteur Kadi, médecin infectiologue, confirme : « Ce n’est pas une épidémie pour nous. Le traitement est facile si le diagnostic est précoce ».

Le dispositif de surveillance reste toutefois maintenu, indique le Ministère, notamment du fait de la période d’incubation d’une semaine. Les principales mesures préventives ont été rappelées, à savoir le lavage minutieux des mains au savon et à l’eau propre plusieurs fois par jour, le lavage des légumes et des fruits ainsi que l’ébullition et la javellisation de l’eau de stockage avant utilisation.

En cas de diarrhées et vomissements, les personnes sont invitées à se réhydrater et à se rendre dans une structure de santé dans les plus brefs délais.

Les autorités critiquées par les Algériens et l’Ordre National des Médecins

Les réactions sur les réseaux sociaux et dans la presse pointent du doigt un manque de réactivité et de communication de la part des autorités. En effet, des personnes souffrant de diarrhées aiguës ont été signalées dans plusieurs régions depuis le 7 août.

Le 20 août, le Ministre de la Santé et l’Institut Pasteur avaient réfuté que le choléra soit le motif d’hospitalisation de ces patients, pour finalement l’admettre le 23 août. Le Ministère a ainsi indiqué qu’un contrôle « a révélé la présence du vibrion cholérique » dans une source d’eau dans la région de Tipaza.

La source a donc logiquement était condamnée. Les autorités niaient pourtant une contamination par l’eau, mettant en avant un problème lié au lavage des fruits et légumes avant de rétropédaler.

Si les hauts responsables sont pour l’instant absents, Mokhtar Hasbellaoui a répondu aux réactions des internautes : « On ne peut pas annoncer la maladie avant le diagnostic positif, on était dans un cadre de suspicion. Dès qu’on a eu la confirmation, on l’a dit. (Le Ministère) est actif depuis le premier jour pour mettre en place une stratégie ».

Toutefois, pour le Président du Conseil de l’Ordre National des Médecins, Mohamed Bekkat Berkani, « la gestion de la crise par le gouvernement est lacunaire », accusant le gouvernement d’avoir mis « trop longtemps » à confirmer les cas de choléra.

Les gouvernements des pays voisins ont fait part de leur intention de mettre rapidement en place des mesures préventives, à l’instar de la Tunisie, du Maroc ainsi que de la Libye.

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