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Rédaction Ecomnews Med
mercredi 5 septembre 2018 Dernière mise à jour le Mercredi 5 Septembre 2018 à 09:01

L’Egypte est loin d’être un modèle de la liberté de la presse. Et ce n’est pas la nouvelle loi contre les fake news qui devrait améliorer la situation…

Dans le dernier classement de Reporter Sans Frontières (RSF), L’Egypte occupe une triste 161ème place (sur 180 pays) en matière de liberté de la presse. Une situation qui n’est pas prête de changer, à fortiori lorsque l’on sait qu’une nouvelle loi contre les fake news a été adoptée par le parlement en juillet. Le point sur une loi controversée qui inquiète les professionnels de la presse et les militants de la liberté d’expression.

Contrôler les comptes électroniques au même titre que les autres médias

Le parlement égyptien a profité de l’été pour faire passer une loi pour le moins controversée. La nouvelle loi sur la régulation de la presse et la lutte contre les fake news met pratiquement sur le même pied d’égalité les internautes jugés « influents » et leaders d’opinion et les médias classiques. En effet, le nouveau texte permet à un conseil supérieur de régulation des médias de disposer d’un droit de regard et de contrôle sur les comptes électroniques, les sites personnels et les blogs individuels qui comptent un nombre d’abonnés (followers) supérieur ou égale à 5 000.

En plus du droit de contrôle, l’institution dispose également du pouvoir de bloquer ou de suspendre les comptes concernés en cas de publication de « fausses informations », « d’informations incitant à la haine » ou « à la violation de la loi ». Et plus encore, toute nouvelle création de site devrait être soumise à l’autorisation de cette autorité dont le responsable est nommé par le Président de la République.

Une loi vague qui s’approche d’un dispositif de censure

Les professionnels de l’information, à l’image de Chérif Mansour, coordinateur du Comité pour la Protection des journalistes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, ne cachent pas leur inquiétude. Mansour, au micro de Reuters, pense que cette nouvelle loi n’est qu’un moyen supplémentaire pour que le régime contrôle les médias à la source.

Il faut rappeler que depuis la révolution de 2011, les sites internet, les blogs personnels et les NTIC jouent un grand rôle dans la diffusion de l’information dans le pays des Pharaons.

Cette nouvelle loi et les nombreuses arrestations de journalistes entachent de façon significative l’image du pays sur le plan de la liberté d’expression. Aujourd’hui, le pays compte près de 32 journalistes emprisonnés, dont le photographe Mahmoud Abou Zeid (Shawkan), incarcéré depuis 2013.

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