Liban : la banque mondiale revoit à la baisse ses prédictions de croissance
#Actualite #AnalyseEconomique #BuzzNews #Collectivites #Decideurs #Economie #Emploi #EnDirectDe #Entreprises #Institutions #Politique #LIBAN
Diallo Anna
vendredi 12 octobre 2018 Dernière mise à jour le Vendredi 12 Octobre 2018 à 13:55

Le retard dans le lancement des réformes que le pays devait mener, a conduit la Banque Mondial à réduire, pour la deuxième fois cette année, ses prévisions concernant la croissance économique du Liban. Détails

Il y a un an l’organisation internationale avait prédit une croissance de 2,5% pour le pays des Cèdres, mais en avril dernier elle a revu cette estimation pour l’abaisser à 2% de croissance cette année. Cependant, dans son dernier bulletin trimestriel d’information économique de la zone MENA, la Banque Mondiale (BM) à de nouveau diminuer sa prédiction pour annoncer que la croissance du pays ne passerait pas au-dessus de 1% en 2018.

Elle annonce aussi une baisse pour les deux années à venir, avec une croissance de 1,3% pour l’année 2019, et de 1,5% pour 2020 au lieu des 2% prédit l’année dernière. La BM estime que le manque de signes “évidents” pour impulser l’économie, aura pour conséquence de faire tourner le pays au ralentit, impactant ainsi “le niveau de pauvreté”.

Les nombreuses tensions politiques n’arrangent pas non plus les choses, causant notamment le blocage depuis plus de cinq mois de la constitution du nouveau gouvernement« Les gens sont à sec et en ont assez des querelles de politiciens. Qu’ils se mettent au travail à la fin », explique la gérante d’un salon de beauté contactée par L’Orient-Le Jour. De la même manière, « L’activité est au point mort et ceux qui ne sont pas déjà en position de force sur le marché sont étranglés par la conjoncture et les intérêts bancaires. », affirme un grossiste établi dans le Metn.

Malgré tout, la BM pense que le retard de la formation du nouveau gouvernement n’est pas la seule explication et ne suffira pas à redresser la croissance pays. La dépendance croissante du Liban envers les investisseurs étrangers sur les deux dernières années est aussi en cause. Elle a « augmenté l’exposition du pays aux marchés mondiaux. Par conséquent, la récente normalisation des taux d’intérêt mondiaux a eu un impact sur les rendements des eurobonds libanais ( titres de dettes en devises ), ce qui s’est manifesté par une forte hausse des prix des crédits default swap ( CDS, contrat qui couvre contre le défaut de paiement de l’État ) » note la BM. 

L’endettement lui a atteint 83 milliards de dollars fin juin, et continuera à augmenter pour atteindre plus de 154% du PIB à la fin de l’année.

La BM estime que ce ratio ne fera que croître et pour parvenir à 166% en 2020. Avec une hausse continue des taux américains, +8% en 4 ans, le lien établit entre la valeur du livre Libanais et du dollars, ne donne qu’une très faible marge de manoeuvre aux banques Libanaises. Elles ont des difficultés à soutenir un flot entrant suffisant de devises.

La Banque Mondiale souhaiterait que le gouvernement du pays mette en pratique les promesses faites lors de la conférence de CEDRE, selon elle, c’est « une opportunité unique pour permettre au Liban de doper son économie de façon durable et d’attirer des capitaux étrangers dont elle a tant besoin ».

Afin d’obtenir 11 milliards de dollars en prêt et dons, de la part de ses alliés, le gouvernement sortant doit impérativement baisser le déficit public d’au moins 5 points en 5 ans. 

Même si cela s’annonce très compliqué pour cette année, au vu des prévisions de la Banque Mondiale pour la croissance économique du pays. 

 

Réagissez à cet article

Vos commentaires

Rejoignez la discussion

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *