Quel bilan pour les réformes initiées par le FMI dans les pays du printemps arabe ?
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Rédaction Ecomnews Med
lundi 26 novembre 2018 Dernière mise à jour le Lundi 26 Novembre 2018 à 13:36

Le Femise a récemment publié un rapport dans lequel sont évalués les dispositifs initiés par le FMI en période de transition politique. Détails.

 

Les chercheurs Femise se sont intéressés aux cas de l’Egypte, la Jordanie, le Maroc et la Tunisie, dans le rapport « Pilotage Macro & Evaluation des Réformes du FMI : Tunisie et Expériences Comparées » publié avec le soutien financier de l’Union Européenne.

Sami Mouley (Université de Tunis), Rafik Baccouche (Université de Tunis – El Manar) et Yusuf Kocoglu (Université du Sud, Toulon – Var) ont ainsi analysé les programmes de  réformes initiés par le FMI en Egypte, Jordanie, Maroc et Tunisie durant la période de transition.

L’objectif était ensuite de pouvoir identifier et d’analyser les facteurs clés de succès ou d’échecs des politiques menées, et de mieux cerner leurs contextes particuliers ainsi que les contraintes de transposition des réformes d’un espace à un autre.

D’après les chercheurs, ces réformes ont eu un rôle majeur en tant qu’inducteurs exogènes des réformes dans les pays en transition, face à des difficultés structurelles, des défis conjoncturels et des enjeux économiques transversaux auxquels ils ont été confrontés.

Le partenariat de Deauville établi à l’initiative du sommet du G8 en mai 2011 a permis dans les pays du “printemps arabe” en transition démocratique de mettre en place des fonds pour le renforcement de la gouvernance. Il a également accéléré le rythme de l’inclusion économique et sociale, créé de l’emploi, appuyé le secteur privé et avancé le processus d’intégration régionale et globale.

Les chercheurs ont considéré ces programmes opportuns dans une période de risques d’instabilité politique, de troubles sécuritaires, de revendications sociales et de vulnérabilités spécifiques au pilotage macroéconomique (récession, tensions inflationnistes, fragilité des finances publiques…)

Cependant il existe autant d’éléments qui ont eu des impacts négatifs sur la mobilisation des ressources de financement extérieur dans certains pays. 

Une mise en oeuvre des réformes sous contraintes

La mise en œuvre des réformes a été souvent contrariée par des tensions sécuritaires et sociales, l’instabilité politique et l’opposition d’intérêts de certains groupes.  Le rapport relève le fait que les nouveaux dirigeants sont souvent tentés d’adopter des réformes économiques et sociales en phase avec leurs promesses électorales, mais qui ne sont pas toujours favorables à la stabilité macroéconomique.

Il ressort également que certains programmes du FMI, bien qu’appropriés, n’ont pas toujours été suivis d’un effet positif sur la croissance.  Les retards (ou dysfonctionnements) dans leur implémentation seraient attribués à trois causes possibles :

  • des conditions exogènes aux programmes (incertitudes politiques ou sécuritaires liés à une variable indicatrice retraçant les effets du printemps arabe)
  • des défauts de gouvernance économique et institutionnelle.
  • de mauvaises allocations des ressources ainsi que plusieurs aspects non productifs des dépenses publiques qui peuvent être à l’origine du ralentissement de la croissance économique.

En revanche, lorsque les repères structurels sont pleinement remplis, les effets de ces programmes sur la croissance sont nettement positifs. 

Cela implique que pour la réussite des reformes dictées par le FMI, il pourrait exister une manière particulière de les mettre en pratique. Les auteurs plaident pour une implémentation des reformes qui prend en compte, d’une part, la mise en œuvre séquentielle des réformes :

– En prenant des mesures socialement neutres qui n’imposent pas généralement d’arbitrages.

– En priorisant les mesures les moins douloureuses pour s’assurer le soutien d’une majorité.

– En prévoyant la compensation des perdants éventuels et/ou en mettant en place des stratégies d’accompagnement différenciées selon les acteurs.

D’autre part, la réussite dépend donc de la marge de manœuvre budgétaire et des filets de sécurité sociaux et financiers dont disposent les institutions de l’Etat et le rôle de celui-ci dans la transition économique du pays.

Retrouvez le rapport sur : http://www.femise.org/etudes-et-recherches/pilotage-macro-evaluation-des-reformes-du-fmi-tunisie-et-experiences-comparees/

Rédigé en collaboration avec le Femise

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