Mouvement social après une immolation à Kasserine
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Rédaction Ecomnews Med
jeudi 3 janvier 2019 Dernière mise à jour le Jeudi 3 Janvier 2019 à 08:09

Le journaliste Abdel Razzaq Zorgui s’est immolé par le feu afin de dénoncer la situation économique très précaire de Kasserine et sa région.

La Tunisie a, de nouveau, été frappée par un évènement dramatique. Le journaliste Abdel Razzaq Zorgui, âgé de 32 ans, est décédé le 24 décembre à Kasserine après s’être immolé par le feu. Il avait publié une vidéo une vingtaine de minutes avant de passer à l’acte, dans laquelle il expliquait son geste : « Pour les fils de Kasserine qui n’ont pas de moyens de subsistance, aujourd’hui, je vais commencer une révolution, je vais m’immoler par le feu. ».

Un contexte semblable à celui de 2011

Abdel Razzaq Zorgui a souhaité par son geste désespéré dénoncer les conditions de vie à Kasserine et sa région, l’une des plus marginalisée du pays. Chômage et dégradation de la situation économique caractérisent cette ville de l’ouest tunisien. A noter que Kasserine était par ailleurs l’une des premières villes où ont éclaté des manifestations sociales fin 2010. Cette immolation par le feu n’est pas sans rappeler celle du jeune vendeur de Sidi Bouzid il y a 8 ans, à l’origine des manifestations sociales ayant débouché sur la révolution tunisienne.

Le Président du Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES), Messoud Romdhani, explique qu’ « il y a une rupture entre la classe politique et les jeunes, surtout ceux qui vivent dans la précarité à l’intérieur du pays ». En effet, le pays connaît une inflation de 8,1% et un taux de chômage de plus de 15%, tandis que le gouvernement peine à résoudre les troubles sociaux et à répondre aux attentes de la population.

Manifestations et grèves dans plusieurs régions

L’immolation du journaliste engendre depuis des réactions en chaîne, à commencer par de nombreuses manifestations, au cours desquelles les manifestants ont brûlé des pneus et bloqué la rue principale du centre de Kasserine. La police a alors répliqué par des gaz lacrymogènes. Selon le Ministre de l’intérieur, Hichem Fourati, treize personnes impliquées dans des « actes de destruction » ont été arrêtées.  De nombreux affrontements nocturnes ont également eu lieu.

Des avocats ont à leur tour manifesté le mercredi 26 décembre, afin de signifier leur colère et de pointer du doigt l’ampleur de la corruption dans le pays. Le Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT) a, pour sa part, déclaré sa volonté d’organiser une grève générale dans le secteur des médias.

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