Le nouvel accord agricole entre le Maroc et l’UE : victoire retentissante de la diplomatie marocaine ?
#Actualite #AnalyseEconomique #AvisDExperts #BuzzNews #Decideurs #Economie #Emploi #EnDirectDe #Entreprises #Politique #VieDesEntreprises #MAROC
Rédaction Ecomnews Med
lundi 28 janvier 2019 Dernière mise à jour le Lundi 28 Janvier 2019 à 10:36

À une très large majorité (444 votes pour et 167 contre), l’Union européenne a voté en faveur d’un nouvel accord agricole avec le Maroc, incluant les territoires du Sahara Occidental revendiqués par le Front Polisario. La décision, qualifiée de « victoire écrasante » par la diplomatie marocaine, a suscité l’indignation d’Alger et des dirigeants du Front. Le point avec Ecomnews Med.

Depuis l’annonce en décembre 2016 par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) de l’exclusion du Sahara Occidental de l’accord de libre-échange avec le Maroc, le Royaume a revu en profondeur sa stratégie diplomatique en initiant notamment des contacts avec les pays historiquement « hostiles à son intégrité territoriale », selon la terminologie employée par Rabat. Fort du soutien de nombreux eurodéputés acquis à sa cause, le Maroc a patienté deux ans tout en musclant son lobbying pour obtenir l’inclusion de « ses provinces du Sud ».

S’exprimant à ce sujet, Gilles Pargneux, député européen et Président du groupe d’amitié UE-Maroc, a estimé que ce vote était « une grande victoire pour les populations du Sahara », rappelant que les relations commerciales entre l’UE et le Maroc « facilitent le développement économique de la région ». En effet, grâce aux préférences tarifaires accordées par l’Europe, ce sont quelque 7,7 milliards d’euros qui sont économisés par les populations du Sahara Occidental. Ces économies « profitent à l’économie et à l’emploi : voilà la réalité concrète de cet accord commercial », conclut M. Pargneux.

De son côté, Ahmed Reda Chami, l’ancien ambassadeur du Maroc auprès de l’Union Européenne, s’est félicité de la « clairvoyance exprimée par les parlementaires européens », estimant que les eurodéputés ont « assimilé » le fait que « le partenariat stratégique entre Rabat et l’organisation était important pour les deux parties ». Le nouveau président du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) a affirmé que ce vote était l’aboutissement d’un travail de plus de deux ans durant lesquels il avait tenu des réunions avec plus de 300 eurodéputés et des dizaines de responsables des instances européennes.

La réaction des dirigeants du Polisario ne s’est pas faite attendre

Dans un communiqué, le front Polisario a condamné la nouvelle décision du Parlement européen, qu’il a qualifié d’« illégale », épinglant « la courte vue » dont les eurodéputés auraient fait preuve. Le ministre délégué de l’organisation séparatiste en Europe, Mohamed Sidati, a souligné que cette mise à jour des accords entre le Maroc et l’Union européenne datant de 2012 venait « entraver un processus de paix sérieux et réalisable initié par l’ONU ». Il a également déclaré que le Polisario comptait suivre « toutes les voies légales pouvant conduire à une remise en question de ce nouvel accord », estimant que le front était « le seul représentant du peuple du Sahara Occidental ».

Réagissez à cet article

Vos commentaires

Rejoignez la discussion

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *