Présidentielle algérienne : Ali Ghediri, le candidat du changement
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Camille Dubruelh
lundi 11 février 2019 Dernière mise à jour le Lundi 11 Février 2019 à 16:07

En vue de la présidentielle algérienne prévue le 18 avril, Ecomnews Med vous propose de découvrir le portrait de chacun des candidats. Aujourd’hui, retour sur la campagne et le parcours d’Ali Ghediri, ancien général-major des armées qui se pose en candidat de la rupture.

 
La rupture”. Le mot d’ordre d’Ali Ghediri lui colle désormais à la peau, tant l’ancien général-major des armées le martèle dans les médias et sur les réseaux sociaux.
Le candidat à la présidentielle algérienne, prévue en avril, s’avance sans parti avec un projet encore flou. Mais une chose est sûre, l’ex-militaire veut créer le changement, après quatre mandats de Bouteflika, au pouvoir depuis 1999. “La rupture s’impose à nous si nous voulons aller de l’avant. La question se pose en termes existentiels pour la nation”, avait-il ainsi twitté le 29 janvier.
 
Si Ali Ghediri affiche son admiration pour l’actuel chef de l’Etat, pas question pour autant de soutenir sa candidature pour un cinquième mandat. Son objectif : “rompre avec l’autoritarisme et le système rentier et clientéliste, celui des groupes d’intérêts et des oligarques, édifier une IIe République réellement démocratique et moderne”.

“Délinquance institutionnelle”

A deux mois de l’échéance, Ali Ghediri se place en bonne position dans la course à la présidentielle et s’attire ainsi des ennemis. Selon son coordinateur de campagne, Mokrane Aït Larbi, qui dénonce une “délinquance institutionnelle”, le candidat subit des entraves au niveau de certaines Assemblées populaires communales (APC) concernant les parrainages. Pour pouvoir officiellement briguer la présidence, chaque candidat doit obtenir 60 000 signatures d’électeurs ou 600 d’élus.
 
Et ce n’est pas le seul obstacle que rencontre le candidat. La dernière affaire en date remonte au 6 février. Selon son directeur de campagne, Ali Ghediri a été empêché d’assister à l’enterrement d’Abdelmalek Guenaïzia, ancien ministre délégué à la défense nationale. Le candidat s’était déjà plaint d’être l’objet de filatures, révèle le HuffPost Maghreb.

De Ouenza à Moscou

Novice sur le plan politique, Ali Ghediri a quitté l’armée en 2015, après plus de 42 ans à servir son pays. Né en 1954 à Ouenza (Tébessa), il a fait ses classes à l’Académie militaire interarmes de Cherchell (Tipaza), avant de se former à la sauce soviétique, d’abord à l’Académie navale de Saint-Petersbourg, où il étudie le génie mécanique marin et ensuite à l’Académie militaire de Moscou. Après des années passées dans les forces navales puis terrestres algériennes, le candidat a été promu au grade de général-major en 2000, puis a occupé le poste de directeur des ressources humaines au sein du ministère de la Défense pendant une dizaine d’années.
 

Le problème est “politique” et non pas économique

Le candidat s’est peu exprimé sur son projet présidentiel. Mis à part un éclaircissement sur sa position autour du Maroc, qui elle, est plutôt dans la continuité de l’actuelle politique.  “L’ouverture des frontières avec le Maroc, ce n’est pas le point le plus important”, expliquait celui qui croit en “un grand Maghreb” dans un entretien au média algérien TZA.

Quant aux préoccupations économiques, principal enjeu de ce scrutin, Ali Ghediri s’est contenté de prôner le changement de système, une rupture avec “l’autoritarisme et le système rentier et clientéliste, l’économie de rente et avec la dépendance des hydrocarbures”, comme l’indique son ébauche de programme mis en ligne sur Facebook fin janvier. Interrogé lors du Forum du quotidien Liberté sur ses idées de réformes concrètes pour sortir le pays de la crise financière et économique, Ali Ghediri avait estimé que le problème majeur est “politique” et non pas économique.

Des militants FLN “rebelles” comme soutiens

Petit à petit, le candidat semble rassembler de nouveaux soutiens. Si Louisette Ighilahriz, psychologue de formation et militante nationaliste durant la guerre d’Algérie, s’est clairement rangé derrière lui, d’autres figures politiques semblent agir dans l’ombre. Selon le site Observ’Algerie, qui cite des “sources concordantes”, des militants FLN “rebelles” se seraient ralliés au candidat. Et le média de citer quelques noms, dont Amar Saadani, Rachid Assas et Bensaad Abdelhak.
 
Plus que des figures politiques, Ali Ghediri espère surtout s’attirer le soutien de la jeunesse algérienne. “Evitons à notre Algérie une redescente aux enfers. Ses enfants sont en droit de vivre une rupture qui réponde à leurs aspirations, à leur rêve”, avait-il ainsi lancé dans une lettre à Bouteflika publiée sur El Watan. “Faites, Frère Président, tant qu’il est encore temps, que ce sacrifice ne soit pas pour le pire, mais pour le meilleur, celui de la renaissance de l’idée nationale, celui de l’espoir pour toute une jeunesse, celui du renouveau”.

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