Total juge “trop compliqué” d’investir en Israël et s’attire les foudres des autorités
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Camille Dubruelh
jeudi 14 février 2019 Dernière mise à jour le Jeudi 14 Février 2019 à 08:16

Israël a vivement réagi suite aux propos du patron du pétrolier français dans le Financial Times. Patrick Pouyanné a estimé qu’il était “trop compliqué” d’investir dans le pays.

Le torchon brûle entre Israël et Total. L’entreprise française a subi les foudres des autorités israéliennes suite à une interview de son PDG diffusée sur le site du Financial Times. “Nous aimons les situations complexes…jusqu’à un certain point.“, a déclaré Patrick Pouyanné au quotidien financier britannique, jugeant qu’il était “trop compliqué” d’investir dans le pays.

C’est une position lamentable“, a rétorqué le ministre israélien de l’énergie, Yuval Steinitz. Le responsable politique, qui se trouvait à Londres pour la promotion d’un prochain appel d’offres portant sur des licences de gaz, répondait lui aussi au Financial Times.

“Tout à fait inacceptable”

Nous allons réfléchir à notre réaction à cela parce que c’est tout à fait inacceptable de boycotter [Israël]“, s’est-il encore énervé.

L’objet du contentieux se nomme “Leviathan”. Il s’agit d’un énorme champ gazier découvert en 2010 à 130 kilomètres au large des côtes israéliennes. Il doit entrer en production cette année pour alimenter Israël, mais aussi l’Egypte, aux termes d’un contrat de 15 milliards de dollars (13,2 milliards d’euros) signé en février 2018, explique le journal français Le Monde.

Le pétrolier devait investir dans le projet mais vient d’y renoncer. L’enjeu, a expliqué le patron de Total, n’est pas suffisamment important pour accepter les risques associés, notamment en terme de concurrence dans la région.

“Dictature” de l’Iran

Si le patron de Total se montre prudent, c’est que le groupe est très actif dans cette partie du monde, notamment au Liban, en contentieux avec Israël au sujet de frontières maritimes.

Avec l’Italien Eni et le Russe Novatek, le pétrolier français a signé une licence d’exploitation pour explorer un gisement dans les eaux libanaises.

Autre pierre d’achoppement : les relations entre Total et l’Iran. Le ministre israélien a jugé que les sociétés qui refusent d’investir en Israël se pliaient à la “tyrannie et à la dictature” de l’Iran. Par cette accusation, le responsable fait référence aux liens étroits qui unissent le pétrolier français et Téhéran.

C’est un fait que Total a entretenu des relations permanentes avec la République islamique, même au temps des sanctions” rappelle le quotidien français Le Monde. Le groupe a été contraint l’an dernier de renoncer à un important projet gazier en Iran en raison du retour des sanctions américaines contre ce pays, “mais le géant français en a gardé une mauvaise image en Israël“, explique le journal.

Photo : ©Laurent Vincenti

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