La Banque Centrale Tunisienne relève son taux directeur de 100 points de base
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Denys Bédarride
vendredi 1 mars 2019 Dernière mise à jour le Vendredi 1 Mars 2019 à 08:10

Le Conseil d’administration de la banque centrale de Tunisie s’est réuni les 16 et 19 février 2019. La BCT a ensuite annoncé, dans un communiqué publié le 19 février 2019, vouloir contrer les pressions inflationnistes en relevant de 100 points de base son taux d’intérêt directeur (l’amenant ainsi à 7,75%).

 

 

Le communiqué justifie cette décision comme «une prise de mesure appropriée » pour réduire les effets négatifs de la poursuite des pressions inflationnistes qui représente « un risque pour l’économie». 

Le Conseil a exprimé sa « forte préoccupation » puisque l’inflation devrait « poursuivre sa tendance à la hausse au cours de la période à venir », et cela, bien qu’elle se soit repliée en janvier 2019 à +7,1% (contre +7,5% en décembre)

En ce qui concerne le « risque pour l’économie », le Conseil est particulièrement inquiet de la poursuite de la dégradation du déficit courant de la balance des paiements extérieurs. Il a ainsi atteint 11,2% du PIB en 2018 contre 10,2% en 2017. 

Dans une note publiée le 21 février 2019, la BCT explique qu’un des objectifs du durcissement de la politique monétaire est d’agir sur la limitation de ce déficit courant. 

Le raisonnement est le suivant : la hausse du taux directeur devrait « contraindre la capacité des agents économiques à dépenser » et « limiter la demande, principalement de consommation ». 

Cela devrait donc limiter les importations de biens de consommation et in fine, la hausse du taux directeur devrait contenir l’aggravation de la balance courante. Ce canal de transmission aurait un effet double puisque, le déficit de la balance courante, en faisant pression sur le taux de change, est à l’origine de la dépréciation du dinar tunisien qui s’est transmise aux prix intérieurs (inflation importée), contribuant à la persistance des tensions inflationnistes. 

Ainsi, contenir l’aggravation du déficit courant permettrait aussi de limiter la poursuite des pressions inflationnistes. Parmi les autres raisons qui font que celle-ci représente « un risque pour l’économie», la BCT souligne aussi qu’un dérapage de l’inflation pourrait constituer « une menace pour le pouvoir d’achat ». 

Enfin, elle pourrait aussi avoir des répercussions sur la « visibilité des investisseurs », donc faire baisser les investissements et in fine « compromettre la reprise économique encore fragile ». 

Cette décision fait l’objet d’une forte contestation de la part de députés, d’organisations syndicales, d’économistes et d’autres acteurs du débat public, la plupart estimant que cette décision ne prend pas en compte le contexte économique difficile. Le Gouverneur est d’ailleurs appelé à expliquer cette décision devant l’Assemblée des Représentants du peuple. Pour rappel, la BCT a déjà relevé son taux directeur à deux reprises en 2018 (+75 points de base en mars 2018 et +100 points de base en juin 2018).

Par ailleurs, le Conseil a également approuvé le premier Plan Stratégique triennal de la BCT (2019-2021). Il vise principalement à mettre en place un dispositif opérationnel macro-prudentiel permettant de prévenir les risques, renforcer le pilotage de l’écosystème des paiements afin de réduire l’utilisation du cash dans l’économie (le decashing), œuvrer à une levée progressive des restrictions de change et améliorer les systèmes de collecte et d’utilisation des données. 

Source Ambassade de France en Tunisie 

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