Algérie : Rachid Nekkaz, l'opposant qui fait du bruit
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Rédaction Ecomnews Med
vendredi 15 mars 2019 Dernière mise à jour le Vendredi 15 Mars 2019 à 08:10

En annonçant le retrait de sa candidature à un cinquième mandat, Abdelaziz Bouteflika en a profité pour reporter l’élection présidentielle. Pour l’heure, aucune date n’a filtré pour l’organisation du scrutin, initiallement prévu le 18 avril, au grand dam des candidats. Celui qui fait le plus de bruit est sans aucun doute Rachid Nekkaz. Portrait.

“Le clan Bouteflika n’a pas démissionné, le clan Bouteflika vient d’annuler l’élection présidentielle comme cela était le cas en janvier 1992. La situation est extrêmement dangereuse”. Au lendemain de l’annonce du report de l’élection présidentielle le 11 mars, Rachid Nekkaz n’a pas mâché ses mots sur la chaîne française FranceInfo. L’opposant, qui “exige la démission immédiate” du président et appelle à poursuivre la mobilisation se voit déjà comme le futur homme fort de l’Algérie. 

Dans une vidéo diffusée sur chaîne Youtube jeudi 14 mars, Rachid Nekkaz est même allé plus loin et « demande à tout le peuple algérien de marcher pacifiquement, avec des dattes à la main vers El Mouradia le vendredi 22 février à 15h afin d’installer la deuxième République ».

Coups médiatiques

Rachid Nekkaz est issu de parents algériens modestes et analphabètes installés en France depuis 1950. Il est né le 9 janvier 1972 à Villeneuve-Saint-Georges (en France) et a suivi des études d’Histoire et de Philosophie à la Sorbonne, dans la capitale française. Ayant grandi dans la banlieue parisienne, il a fait fortune dans le monde des affaires et dans l’immobilier.

De nationalité française il y a encore quelques années, Rachid Nekkaz a entamé sa carrière politique dans son pays de naissance, où il annonce dès 2006 sa candidature à l’élection présidentielle de 2007 sous la houlette du « Parti Rachid Nekkaz ».

Il n’aura finalement présenté que 13 signatures sur les 500 requises pour se présenter, mais va défrayer la chronique en déchirant en direct le parrainage du maire de la commune de Noron-la-Poterie dans le Calvados (qui avait « vendu » sa signature aux enchères). « Ces pratiques-là donnent une mauvaise image de la démocratie », avait-t-il affirmé à l’époque.

10 000 pièces d’un euro

Il fera encore parler de lui en 2011 déversant quelque 10 000 pièces d’un euro devant le siège du Parti socialiste en guise de protestation contre la cotisation d’un euro demandée par le parti pour participer au vote de la primaire socialiste. On se souvient qu’il avait proposé la même année de participer à la clause de libération de Dominique Strauss-Kahn à hauteur de 50 000 euros.

Son violent accrochage avec l’élue de Toul en Meurthe-et-Moselle, alors qu’il partait régler la contravention d’une citoyenne française pour le port de voile intégral dans la localité, fait partie d’une longue série de coups médiatiques de l’homme d’affaires. Après son échec politique en France, Rachid Nekkaz décide alors de se tourner vers l’Algérie. En 2013, il rend son passeport français dans la perspective d’une éventuelle participation à la présidentielle algérienne.

Nekkaz, figure de l’opposition

Depuis son arrivée dans l’arène politique algérienne il y a 5 ans, l’homme tente d’être candidat à la présidentielle sans y parvenir. 

Avant que ne soient annulées les élections prévues le 18 avril, Rachid Nekkaz avait cette fois-ci trouvé un subterfuge. Comme son dossier de candidature à la présidentielle avait une nouvelle fois été refusé, il « utilisait » son cousin qui porte le même nom et le même prénom pour rester dans la course. Sa stratégie : si l’autre Nekkaz, mécanicien de profession, était élu, un changement de la constitution et un tour de passe-passe aurait alors permis au « vrai » Nekkaz de devenir président. 

Nekkaz s’est en tout cas vite imposé comme le candidat attitré de la jeunesse. Très influent sur les réseaux sociaux, il a gagné la sympathie des jeunes qui voient en lui les germes du changement espéré. 

 

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