Tunisie : chronique de la crise structurelle du secteur de la santé
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Rédaction Ecomnews Med
jeudi 4 avril 2019 Dernière mise à jour le Jeudi 4 Avril 2019 à 07:16

Récemment, la mort de douze nourrissons au centre de néonatologie de l’hôpital de la Rabta de Tunis à cause d’une infection nosocomiale a suscité une vague d’indignation dans le pays. Parallèlement à ce drame, la Tunisie a enregistré 622 cas de rougeole à Kasserine. Si l’on ajoute à cela le départ massif des professionnels de la santé vers d’autres pays et la récente démission du ministre de tutelle, on mesure combien la crise est profonde.

En huit ans, douze ministres se sont succédés à la tête du département de la santé, et depuis quelques années, les crises et les scandales dans le secteur se multiplient. De la crise liée à la pénurie des médicaments en 2018 au décès de 12 nourrissons de l’hôpital de la Rabta, les Tunisiens ont de moins en moins confiance en leur système de santé.

Un récent sondage réalisé par le bureau d’étude Sigma conseil sur « l’image actuelle des hôpitaux et des centres de santé publique » a révélé que seuls 24% des Tunisiens ont une image positive de leurs établissements sanitaires contre 74% qui en ont une mauvaise opinion. Aussi, 81% de la population soutient que le système sanitaire s’est dégradé après la Révolution de 2011. Cette mauvaise réputation du dispositif de santé s’explique par trois principaux facteurs : l’insalubrité, la pénurie des médicaments et la dégradation des infrastructures.

Le gouvernement au four et au moulin pour éviter le pire

Outre le ras-le-bol de la population, les professionnels de la santé sont également très remontés à cause d’un environnement professionnel dégradé et des conditions de travail difficiles. Récemment, les jeunes médecins avaient pris d’assaut les réseaux sociaux avec le hashtag #BalanceTonHopital pour montrer au monde entier la situation alarmante du secteur et leur quotidien difficile. Dans le même cadre, le syndicat des médecins prévoit une grève générale début avril.

Face à l’urgence de la situation, le gouvernement est à pied d’œuvre pour trouver des solutions pour le court terme. Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a lancé le vendredi 22 mars un grand débat national à la Cité de la Culture avec les tous les acteurs du secteur de la santé dans le but d’élaborer un plan d’urgence afin de remédier aux problèmes le plus rapidement possible. Une démarche inédite qui devrait déboucher sur des mesures structurelles dans les jours à venir.

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