Turquie : vers d’importantes réformes économiques
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Rédaction Ecomnews Med
mardi 23 avril 2019 Dernière mise à jour le Mardi 23 Avril 2019 à 08:24

Mercredi dernier, le ministre turc du Trésor et des Finances, Berat Albayrak, a présenté un « nouveau programme de restructuration économique 2019 » lors d’une conférence de presse organisée à Istanbul. On s’attend à ce qu’Ankara engage de profondes réformes au niveau financier pour juguler les effets de la crise, notamment après la sévère dévaluation qu’a connue la monnaie nationale l’été dernier.

La Turquie connaît sa première récession depuis 10 ans, avec un taux d’inflation qui avoisine les 20% une Lire turque qui a perdu 30% de sa valeur. De son côté, le chômage touche 13,5% de la population. Le gouvernement, qui a essuyé une défaire surprenante aux élections du 31 mars dernier, tente de redresser la barre.

Dans son intervention, M. Albayrak a annoncé que les banques d’État recevraient un soutien de 4,9 milliards de dollars US sous forme de titres de créance du gouvernement afin qu’elles puissent retrouver leur équilibre financier. Aussi, il a indiqué que les impôts augmenteraient pour les personnes à revenu élevé et que le système de pensions du pays serait largement revu à la hausse.

Pour s’attaquer au problème de l’inflation que connaissent les denrées alimentaires et les produits de première nécessité, le ministre a déclaré qu’un « projet d’unité nationale dans l’agriculture » allait voir le jour dans un avenir proche.  Par ailleurs, un plan directeur du tourisme visant à accroître les recettes a été annoncé, avec pour objectif d’accueillir 70 millions de touristes à l’horizon 2023. Ce discours fut également l’occasion pour le puissant responsable et gendre de Recep Tayyip Erdogan de réitérer l’engagement du gouvernement à éliminer les fragilités économiques pour une Turquie plus inclusive.

Le programme annoncé a suscité plusieurs réactions d’experts économiques et financiers

Ibrahim Turhan, ancien PDG de la Bourse d’Istanbul et économiste, s’est montré prudent quant au bienfondé des annonces du ministre. S’il a souligné leurs effets positifs pour les banques, il déplore encore certaines vulnérabilités comme l’absence de financement sur le long terme et les effets secondaires sur l’économie réelle.

Sur Twitter, d’autres personnalités ont réagi aux propos de M. Albayrak, comme Ozan Bingol, un expert fiscal turc de renom : « Laissez-moi résumer pour vous. Il a dit qu’il obtiendrait plus d’impôts des groupes à revenus plus élevés et diminuerait les impôts indirects, et immédiatement après, il a dit qu’il réduirait progressivement les impôts sur les sociétés ». Timothy Ach, le stratège des marchés émergents basé à Londres, a épinglé le manque de détails techniques dans la communication du ministère.

En attendant, le gouvernement tente par tous les moyens de donner des gages à une population de plus en plus préoccupée par l’impasse économique.

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