Démission de plus de 300 médecins au nord du Maroc
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Rédaction Ecomnews Med
jeudi 25 avril 2019 Dernière mise à jour le Jeudi 25 Avril 2019 à 08:33

Branle-bas dans le secteur de la santé au Maroc : le vendredi 19 avril, pas moins de 305 médecins de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima (dans le nord du pays) ont présenté une démission collective au directeur régional du ministère de la santé. En cause, les médecins démissionnaires évoquent « la situation catastrophique » des hôpitaux qui, selon eux, « ne répondent ni aux attentes des citoyens ni leur droit d’accès aux soins ».

Réunis au sein du syndicat indépendant des médecins du secteur public (SIMSP), 305 médecins exerçant dans le nord du pays ont adressé une lettre de démission conjointe au ministère de la santé marocain, en protestation contre leurs conditions de travail. Les raisons invoquées par les démissionnaires ont trait aux conditions de travail jugées catastrophiques, et au manque de moyens humains et matériels pour garantir un niveau de soins décent.

Il est toutefois intéressant de noter que cette démission intervient alors qu’un dialogue a débuté en début d’année entre le ministre marocain de la santé, Anas Doukkali et le SIMSP. Cet acte a, par ailleurs, un précédent qui a marqué le début des hostilités entre les médecins du secteur public et les autorités de tutelle : en 2018, plus de 200 médecins avaient annoncé leur démission pour des raisons similaires, alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) soulignait « les profondes inégalités géographiques et socio-économiques, ainsi qu’un déficit en personnels » du système de santé marocain. En effet, bien que le Maroc ambitionne de devenir une superpuissance africaine, le pays accuse un grand retard sur les standards recommandés par l’OMS (un médecin pour 650 habitants), avec en moyenne 7 médecins pour 10.000 habitants.

Le combat continue malgré les promesses

Reprise du dialogue avec le ministre de la santé en début d’année, relance par le gouvernement de l’ambitieux « plan santé 2025 » (augmentation du budget de formation du personnel médical)… Rien n’y fait. Les médecins démissionnaires estiment que leurs conditions de travail sont insoutenables et demandent, en sus, une revalorisation salariale. Au Maroc, de nombreux témoignages sur les réseaux sociaux mettent la lumière sur les défaillances flagrantes du système de santé du pays.

Entre manque d’équipements et de matériel, les infrastructures désuètes, patients traités dans les couloirs ou à même le sol… les témoignages abondent dans le sens des médecins démissionnaires.

Pour sa part, la direction régionale de la santé de Tanger-Tétouan-Al Hoceima accuse réception de la demande de démission collective mais estime, selon le docteur Afifi Ikram (directeur de la santé dans la région concernée) que « cette démission reste non fondée juridiquement car chaque médecin doit déposer sa démission unilatéralement ». Par ailleurs, le docteur Afifi précise que les médecins démissionnaires continuent à travailler en attendant un retour du ministère de tutelle qui, toujours selon lui, « est engagé dans le processus avec une commission de suivi pour trouver des solutions concrètes ». Pour ne rien arranger, une grève nationale des médecins est prévue pour les 29 et 30 avril prochains.

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