Maroc : en politique, une lutte perpetuelle pour l’égalité des genres
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Camille Dubruelh
vendredi 10 mai 2019 Dernière mise à jour le Vendredi 10 Mai 2019 à 10:08

L’égalité entre femmes et hommes est loin d’être acquise au Maroc, que ce soit dans les domaines économique, familial, sociétal ou même politique. Nouzha Skalli, ancienne ministre, raconte à Ecomnews Med son parcours de combattante pour accéder aux fonctions électives. Interview.

 

« L’homme et la femme jouissent, à égalité, des droits et libertés à caractère civil, politique, économique, social, culturel et environnemental”. Malgré l’affirmation du concept dans l’article 19 de la Constitution de 2011, l’égalité des genres reste bien éloigné de la réalité au Maroc.

Dans le domaine politique, si l’accession au pouvoir est désormais chose possible pour certaines femmes, c’est au terme d’un long et douloureux chemin, comme l’illustre le parcours de Nouzha Skalli. Née le 25 mai 1950 à El Jadida au Maroc, cette femme politique, a été ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité en 2007, dans le gouvernement El Fassi. Ex-députée du Parti du progrès et du socialisme (PPS), elle est la première femme à devenir cheffe de groupe parlementaire en 2003.

J’ai tout un combat qui a précédé cette prise de fonction”, explique Nouzha Skalli. “J’ai d’abord réussi à devenir élue municipale après sept tentatives, 20 ans après la première en 1976”, résume l’ex-ministre.

137e sur 144 pays en terme d’inégalité des genres

Le domaine politique n’est pas le seul concerné. Selon le rapport mondial “Global Gender Gap” du World Economic Forum, qui prend en compte la participation des femmes à l’économie, à la vie politique, leur accès à l’éducation et la santé entre autres, le Maroc est classé 137e sur 144 pays.

Dans un rapport publié en mars 2018 intitulé “Les femmes, l’entreprise et le droit”, la Banque mondiale soulignait certains domaines économiques et sociaux dans lesquels les Marocaines subissent des discriminations ou des inégalités.

Sur 189 pays étudiés, le Maroc obtenait des notes comprises entre 40 et 91 sur 100 concernant les sept indicateurs mesurés par l’institution économique mondiale, à savoir l’accès aux institutions (91/100), la jouissance de la propriété (40/100), l’obtention d’un emploi (67/100), les incitations au travail des femmes (60/100), l’accès à la justice (75/100), l’accès au crédit (50/100) et la protection des femmes contre la violence (70/100).

Le combat continue aujourd’hui, notamment contre les idées rétrogrades”, clame Nouzha Skalli, qui déplore l’arrivée au pouvoir en 2011 des islamistes du PJD “parti porteur d’une idéologie contraire à la liberté et aux droits des femmes”. Une priorité aujourd’hui : revoir le code de la famille et le mettre en adéquation avec la Constitution.

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