Tunisie : que retenir de la grève des transporteurs de carburants ?
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Rédaction Ecomnews Med
lundi 13 mai 2019 Dernière mise à jour le Lundi 13 Mai 2019 à 08:56

Syndicat et gouvernement se rejettent la responsabilité de la pénurie de carburant en Tunisie. Face à la grève qui paralyse le pays, l’armée est appelée à la rescousse.

L’ambiance dans quelques lieux du grand Tunis rappelle le spectre du premier choc pétrolier aux Etats-Unis. De longues files d’attente durant des heures, d’énormes bouchons, des automobilistes qui tentent comme ils peuvent de s’approvisionner en carburant (bidons, bouteilles…)… la situation est exaspérante pour les Tunisiens qui voient leur qualité de vie se dégrader au quotidien. L’armée a été appelée à la rescousse pour approvisionner les stations services face au maintien de la grève des transporteurs de carburants. Comment en est-on arrivé là ?

Les principales revendications des grévistes portaient sur l’obtention du statut « des professionnel des transporteurs des matières premières dangereuses »  et une augmentation salarialeLe gouvernement croyait avoir les cartes en main puisque le syndicat desdits transporteurs avait lancé un appel de reprise de services.

Surenchère des transporteurs de carburants

Pour ceux qui ont continué la grève, l’accord dont se prévalent le syndicat et le gouvernement est en deçà des attentes et ne constitue pas un motif valable pour la suspension de la grève. Ils dénoncent une non-application des avenants portant sur les accords des augmentations salariales dans le secteur privé pour les années 2018 et 2019.

De son côté, Mohamed Fethi Zouari, président de la Chambre syndicale du transport des matières dangereuses au sein de l’Utica (Union tunisienne pour l’industrie, le commerce et l’artisanat), estime que l’échec des négociations est dû aux surenchères de la partie syndicale des transporteurs de carburants.

Le « plan B » du gouvernement

Face à la persistance des transporteurs dans leur mouvement de grève, le gouvernement a décidé d’employer les grands moyens en réquisitionnant l’armée nationale pour assurer l’approvisionnement de carburant dans les stations services. Cette décision est intervenue le 3 mai à titre temporaire, letemps que les protagonistes trouvent un terrain d’entente.

Notons que la Tunisie connait une fragilité politique depuis le départ de Ben Ali, chassé du pouvoir par les mouvements de contestations de 2011 et qui ont ouvert la voie au printemps arabe. Le pays peine à concilier les revendications sociales héritées de la Révolution et l’impératif du redressement économique qui implique des réformes impopulaires.

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