Sondage : les électeurs tunisiens veulent « punir » les partis à six mois du scrutin
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Rédaction Ecomnews Med
vendredi 24 mai 2019 Dernière mise à jour le Vendredi 24 Mai 2019 à 09:43

A six mois des élections présidentielles et législatives, Sigma conseil a pris le pouls de la situation politique en Tunisie. Le bureau d’étude présent dans tous les pays d’Afrique du Nord et leader en Algérie a réalisé des sondages sur l’état d’esprit des électeurs. Le résultat est catastrophique pour les partis.

Surnommé « l’oracle » depuis la publication du baromètre sur les prochaines élections en Tunisie, Hassen Zargouni, le président de Sigma Conseil, est devenu une personnalité très sollicitée par les ambassadeurs européens. Récemment contacté par « Point Afrique », il s’est confié sur les sondages réalisés par sa structure.

Invité à se prononcer sur l’humeur actuelle politique des Tunisiens, il rappelle la faible mobilisation de la population lors des dernières élections, et estime que la tendance n’est pas prête de changer. Il avance également qu’environ 10% des électeurs se décideront le jour du scrutin, et que 40% d’entre eux ne savent toujours pas vers quel parti se tourner.

La classe politique dirigeante rejetée

Après la chute de Ben Ali en 2011, deux camps  se sont formés : les partisans de la rupture franche et les modérés. Les premières élections qui ont suivi  ont vu la victoire de ceux qui prônaient la rupture avec le régime de Ben Ali, notamment le parti islamiste Ennahda. Mais leur mandat de trois ans n’a pas fait des miracles, avec une situation socio-économique qui n’est pas sortie de l’impasse.

L’insécurité a même gagné du terrain, avec deux assassinats politiques et des actes terroristes qui ont affecté un secteur du tourisme autrefois prospère. Ces événements ont mis aux prises en 2014 l’islam politique et l’Etat civil dans le cadre des élections organisées la même année.

Malgré les alliances de circonstance entre le parti islamiste et certains de ses adversaires historiques, les élections municipales de 2018 ont vu les candidats indépendants recueillir un tiers des votes. Globalement, les prochaines élections se profilent dans cette atmosphère de défiance à l’égard des partis politiques traditionnels.

Le populisme… l’alternative qui séduit ?

Le tableau gris de la classe politique dirigeante en matière de satisfaction des attentes de la population a engendré une vie parallèle dans le pays, selon Hassen Zargouni. Les prêts qui se font sans les banques ou encore le recours à l’école coranique au détriment des écoles de la république semblent renforcer les idées populistes, comme celles de Nabil Karoui, le directeur de la chaîne Nessma.

Selon les sondages de Sigma, ce dernier devrait obtenir 22% des intentions de vote  au premier tour de la présidentielle de 2019. Le professeur de droit constitutionnel Kaïs Saïed est crédité de plus de 22% des intentions de vote.

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