Liban : Où en est le plan de réforme du secteur électrique ?
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Rédaction Ecomnews Med
mercredi 12 juin 2019 Dernière mise à jour le Mercredi 12 Juin 2019 à 08:39

Le plan de réforme du secteur de distribution et de production de l’électricité a été suspendu après un appel devant le Conseil constitutionnel. L’adoption de ce plan était l’une des priorités établies par la conférence internationale d’aide au Liban organisée en avril 2018 par la France.

Le Conseil constitutionnel a accepté le recours du député Samy Gemayel et de 9 autres députés concernant le plan de restructuration du secteur de l’électricité publique, suspendant de fait l’appel d’offre approuvé par le Parlement le 17 avril dernier qui stipulait la constitution de six nouvelles centrales.

Selon la plainte déposée, l’appel d’offre qui concerne la construction de ces nouvelles centrales et qui porte la capacité totale de l’EDL à 3 000 mégawatts dans un premier temps puis à plus de 5 000 mégawatts d’ici 2030, doit encore être examiné par l’Autorité Nationale de Régulation de l’Electricité dont la constitution est prévue depuis l’adoption d’une loi… il y a 17 ans !

Néanmoins, devant l’urgence de la situation et faute d’accord entre les différents partis politiques, le Parlement s’est vu contraint d’adopter en 2014 une mesure temporaire pour remédier à la situation tout en prévoyant que les appels d’offres soient du ressort du gouvernement. Le ministère de l’Énergie et des Ressources hydrauliques sera donc chargé de publier l’appel d’offre en consultation avec le cabinet.

Ensuite, les documents seront référés au département concerné qui les examinera. C’est donc en aval de cette évaluation que le Conseil des Ministres donnera sa décision. L’appel remet en question la constitutionalité de la loi 129 compte tenu des liens existants entre le gouvernement et le Ministère de l’Énergie considérés « comme peu clairs », ainsi que des parties qui peuvent participer aux appels d’offres.

 

Les contraintes liées à la mise en œuvre de ce plan

 

La mise en œuvre de ce plan paraît difficilement envisageable selon la banque Goldman Sachs en raison de l’instabilité historique de l’appareil gouvernemental libanais. D’un autre côté, les subventions accordées à l’électricité du Liban atteignent jusqu’à 4% du PIB et contribuent au tiers du déficit public.

Les autorités libanaises sont donc amenées à prendre une décision (très) impopulaire afin d’assurer la mise en place et le succès de ce plan qui se traduira forcément par l’augmentation des tarifs de l’électricité dès l’année prochaine. Cette hausse sera toutefois compensée par « une baisse de la consommation des moteurs de quartier », selon le plan présenté par le gouvernement.

Par ailleurs, le vol d’électricité représente selon le rapport de Goldman Sachs une contrainte de taille qui serait responsable de 20 à 25% des pertes de l’Électricité du Liban (EDL). Cela dit, mettre fin à ces fraudes pourrait être impopulaire et les personnes qui bénéficieraient de ces vols seraient soutenus par certains partis politiques clés, note le même rapport.

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