Tunisie : Quelle stratégie politique pour Youssef Chahed ?
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Rédaction Ecomnews Med
jeudi 13 juin 2019 Dernière mise à jour le Jeudi 13 Juin 2019 à 08:59

Début mai, les dissidents de Nidaa Tounes, parti dirigé par le chef d’Etat Beji Caid Essebsi, ont lancé un nouveau mouvement laïc appelé « Tahya Tounes ». Ils ont choisi, dans la foulée, le chef du gouvernement Youssef Chahed pour le diriger. En poste depuis 2016, ce quadragénaire semble confirmer les rumeurs quant à sa candidature à la présidence de la république. Focus sur le parcours et la stratégie de ce personnage qui incarne le rajeunissement de la classe politique tunisienne.

Ira ? Ira pas ? C’est la question que se pose la Tunisie à propos de l’actuel chef du gouvernement à quelques mois des élections présidentielles. Au milieu du marasme politique, Beji Caid Essebsi avait nommé Youssef Chahed au poste de chef du gouvernement pour restaurer l’image du groupe qu’il avait fondé, « Nidaa Tounes ».

Néanmoins, Chahed a rapidement opté pour la « voie solo », à la Macron. Après avoir triomphé dans sa lutte contre Hafedh Caid Sebssi, fils du président, il rejoindra « Tahya Tounes », parti fondé par des laïcs déçus, des technocrates ambitieux et des islamistes modérés et pragmatiques. Il sera par la suite nommé à la tête de cette alliance qui prévoit de présenter un candidat aux prochaines élections présidentielles.

En dépit des réserves exprimées par les « bourguibistes » historiques à son encontre, Youssef Chahed devrait être le candidat du nouveau parti, sauf coup de théâtre. Rached Ghannouchi, leader du parti islamiste Ennahda, a souligné qu’il soutiendrait le gouvernement Chahed tant que ce dernier « s’abstiendrait de briguer le poste de Chef de l’Etat ».

Youssef Chahed sur tous les fronts

Lors de son investiture en tant que chef du gouvernement, Youssef Chahed avait fait de la lutte contre la corruption qui sévit dans son pays une priorité.

Ainsi, en mai 2017, il a lancé une opération dite «  mains propres » qui a conduit à l’arrestation de plusieurs hommes d’affaires comme Chafik Jarraya, figure emblématique de l’époque Ben Ali. Malheureusement, cette campagne s’est rapidement essoufflée, au grand dam des citoyens.

Sur le plan économique, le natif de Tunis a fait fi de certaines recommandations du FMI en augmentant les salaires des fonctionnaires afin d’apaiser la colère d’une classe moyenne fortement affectée par la crise. Souhaitant gagner la sympathie des foules, le chef du gouvernement a même fait du sport une tribune politique, comme en témoigne sa déclaration à l’issue de la finale de la Champions League africaine qui a opposé l’Espérance de Tunis aux marocains du Wydad de Casablanca.

Mais la bataille sera difficile pour l’actuel Premier ministre. En effet, les récents sondages le donnent largement perdant s’il devait se présenter à l’élection présidentielle. De la même façon , les résultats économiques de la Tunisie et l’inflation des dernières années ne jouent pas en faveur de Youssef Chahed en partie responsable de la situation. Et enfin sa position peu claire vis à vis de Nidaa Tounes sème la confusion dans les esprits. Autant d’éléments auxquels Youssef Chahed doit penser le matin en se rasant. 

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