Maroc : Disparition des plages à cause du pillage du sable
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Rédaction Ecomnews Med
vendredi 21 juin 2019 Dernière mise à jour le Vendredi 21 Juin 2019 à 07:56

Le sable des plages marocaines est depuis quelques temps victime des « mafias du sable ». Ces dernières pillent cette ressource sur des kilomètres de littoral, pour fabriquer du béton et ainsi répondre à la demande croissante de l’industrie du bâtiment.

Dans un rapport sur la surexploitation du sable dans le monde publié en mai 2019, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) tient les « mafias du sable » pour responsables de la disparition des plages marocaines.

Le sable est la seconde ressource naturelle la plus utilisée au monde après l’eau. Les pilleurs de sable se le procurent pour la construction. D’après Jawad Hadi, dirigeant de l’Association nationale de protection de l’environnement et du littoral (ANPEL), « il y a le petit pillage, comme ici à Mohammedia, puis il y a le trafic intensif et structuré par des réseaux organisés, opérant avec la complicité de certains responsables (…) Des notables, parlementaires ou militaires à la retraite disposent d’autorisations qui leur permettent de surexploiter des gisements ».

En outre, le sable pillé n’est pas aux normes du BTP puisqu’il n’est ni lavé, ni dessalé. Pourtant, plus de 10 millions de mètres cubes de ce sable sont utilisés chaque année dans l’industrie marocaine du bâtiment. Une grande partie est dédiée à « la construction d’infrastructures liées au tourisme » ; or celui du Maroc réside principalement dans ses plages.

Que dit la législation ?

Une peine allant jusqu’à cinq ans de prison est prévue pour le vol de sable au Maroc. Cela n’empêche pas ces « mafias du sable » de se servir. Jawad Hadi explique que c’est parce que ces dernières bénéficient de « protections à tous les niveaux ».

Lors de la COP22, qui s’est tenue dans le pays en 2017, le Maroc avait pourtant affirmé sa volonté de faire de la protection de l’environnement une priorité.

A propos du pillage du sable, la secrétaire d’État chargée du développement durable Nezha El Ouafi, a confié à l’AFP qu’« un plan national de protection du littoral est en cours de validation » pour lutter contre ce fléau.

Reyane Sané

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