Tunisie : un nouveau code électoral controversé
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Rédaction Ecomnews Med
mercredi 26 juin 2019 Dernière mise à jour le Mercredi 26 Juin 2019 à 08:14

En Tunisie, le gouvernement a changé de loi électorale à deux mois du dépôt des candidatures pour les élections présidentielles. L’approbation de certains amendements par l’Assemblée vient changer la donne en excluant les favoris des sondages.

Le 18 juin, le parlement tunisien a adopté plusieurs amendements modifiant le code électoral à quelques mois de la présidentielle et des législatives prévues fin 2019. Cette modification du code électoral a provoqué une tempête politique et un certain malaise en Tunisie, car elle pénalise plusieurs candidats de poids qui voient leurs chances de se présenter à la présidentielle fortement réduites.

En effet, le texte voté par les députés impose de nouvelles conditions très pointues aux éventuels candidats, y compris les personnalités publiques issues du réseau associatif et du monde médiatique qualifiés de « partis de fait ».

Pour pouvoir se présenter devant les électeurs, les prétendants au palais de Carthage ne devraient donc pas avoir distribué d’aides directes à des citoyens, ni avoir des antécédents judiciaires. Enfin, Ils ne doivent pas avoir bénéficié de publicité politique ou de fonds étrangers durant les 12 mois précédent la tenue des élections.

Des candidats de poids empêchés de se présenter

Les amendements à la loi électorale pourraient empêcher la candidature du magnat des médias Nabil Karoui, favori des sondages. Le mois dernier, Nabil Karoui distribuait des centaines de repas de rupture du jeune, ce qui lui a permis de gagner en popularité en organisant également plusieurs actions caritatives, diffusées quotidiennement sur Nessma tv, la chaîne de télévision qu’il a fondée.

De son côté, Olfa Terras Rambourg, épouse d’un mécène reconnu, semble écartée de la course à la présidence. Cette candidate s’est fait connaître par le mécénat sportif et culturel de son mouvement et de sa fondation Aïch Tounsi, à grand renfort de publicité. Ces deux mouvements qualifiés par ses détracteurs de « populistes », ont sillonné les zones enclavées et marginalisées du pays, ce que nombre d’élus peinent à faire.

D’autres amendements du code électoral visent des personnes qui défendent l’héritage du président déchu Ben Ali tout en faisant l’apologie de la dictature. Cela pourrait ainsi toucher une autre surprise des sondages avec la candidate Abir Moussi. L’instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) est désormais en charge de trancher sur les vocables utilisés des candidatures ayant « un discours qui ne respecte pas le régime démocratique et la Constitution ».

Nessrine Jelabia, de l’observatoire de la vie parlementaire Al Bawsala, s’est insurgée qu’au lieu d’assumer leurs bilans, certains partis politiques légifèrent l’année des élections pour éliminer des candidats adverses. De son coté, Mustapha Ben Ahmed, du bloc favorable au Premier ministre, affirme qu’il ne s’agit pas de nouvelles lois, mais plutôt d’un élargissement des règles existantes.

 

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