Vers la restructuration de la dette publique au Liban ?
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Sami Bouzid
lundi 8 juillet 2019 Dernière mise à jour le Lundi 8 Juillet 2019 à 08:45

Dans son dernier rapport sur la situation économique au Liban, Moody’s craint un risque de restructuration de la dette publique par le gouvernement. Détails.

La situation économique au Liban reste compliquée. En effet, le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, a récemment révélé un taux de croissance nul pour l’économie libanaise. Aujourd’hui, c’est au tour de l’agence de notation Moody’s de tirer la sonnette d’alarme sur le risque d’une restructuration imminente de la dette publique par le gouvernement.

Moody’s épingle un défaut de paiement

L’agence de notation Moody’s a publié le 25 juin 2019 son dernier rapport sur le crédit annuel du Liban dans lequel il est stipulé que le pays court un risque de restructuration de sa dette publique. Aussitôt, le Premier ministre, Saad Hariri, a rencontré le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, et le ministre des Finances, Ali Hassan Kahlil, pour évoquer la situation.

Dans sa dernière analyse annuelle, Moody’s soutient que les mesures d’assainissement budgétaire prévues dans le projet du budget de 2019 étaient encourageantes, mais qu’elles n’empêchaient pas le gouvernement d’envisager un rééchelonnement de la dette à cause du ralentissement des entrées de capitaux et des dépôts. L’agence de notation impute cette situation à un défaut de paiement, épinglant par la même occasion un secteur financier qui ne joue pas pleinement son rôle. De son côté, le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, s’est voulu rassurant, réaffirmant que la situation était sous-contrôle.

Le Liban et le cauchemar des obligations « pourries » (notation « Caa1 »)

En début d’année, la dette souveraine du Liban était notée « Caa1 » sur le long terme par Moody’s, soit au niveau des obligations dites « pourries ». Toutefois, l’agence de notation s’attendait à voir la situation économique s’améliorer après la formation du nouveau gouvernement et l’application des réformes prévues dans le cadre du plan d’aide économique CEDRE.

La notation « Caa1 » a été maintenue dans le dernier rapport et de nombreux experts mettent en doute l’applicabilité des réformes économiques, fiscales et monétaires prévues dans le cadre du budget de 2019.

Pour beaucoup, l’objectif annoncé par le ministre des Finances de baisser le déficit public à 7,59% (contre 11,7% en 2018) s’avère aujourd’hui fantaisiste.

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