Israël : manifestations de colère des Ethiopiens contre le racisme
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Rédaction Ecomnews Med
mercredi 10 juillet 2019 Dernière mise à jour le Mercredi 10 Juillet 2019 à 07:40

La mort d’un jeune israélien d’origine éthiopienne le 30 juin au soir, tué par un policier en civil, a mis le feu aux poudres et fait ressurgir les problèmes de racisme dans le pays. Depuis, les manifestations, qui tournent en émeutes, pour la justice et l’égalité s’enchainent et se propagent du nord au sud.

Israël est confronté depuis le 1er juillet à des émeutes de rue qui, pour une fois, n’ont rien à voir avec le conflit israélo-palestinien. Une explosion de colère due à la mort d’un jeune Ethiopien, victime d’un tir de police. La communauté éthiopienne bloque depuis plusieurs jours les principaux axes routiers du pays pour dénoncer le racisme des forces de l’ordre.

Désormais, de nombreuses villes sont touchées : Haïfa, Tel Aviv, Ashdod et Kyriat Haim. La police a pour sa part d’abord laissé faire, puis elle a fini par répliquer en utilisant le gaz lacrymogène. 136 personnes ont déjà été arrêtées, et la police affirme compter 111 blessés dans ses rangs.

La mort d’un jeune Ethiopien dans des conditions suspectes

Solomon Tekah, un jeune homme de 18 ans, a été tué dans la ville de Haïfa par un policier en civil qui n’était pas en service. L’annonce de sa mort dimanche 30 juin au soir a mis le feu aux poudres. Les forces de l’ordre ont déclaré qu’il s’agissait d’un accident, alors que la version de la famille et de plusieurs témoins est très différente et évoque un meurtre.

Le policier incriminé a été simplement assigné à résidence. Cette décision, relativement légère, a déclenché les émeutes. Les juifs en provenance d’Ethiopie manifestent leur colère. Les scènes de violence se succèdent : poste de police attaqué, barrages sur les routes, pneus incendiés, face à face tendus avec les forces de l’ordre, graffitis dénonçant la “police raciste” et défilés aux cris de “Justice”.

Le premier ministre Benjamin Netanyahu a appelé au calme lors d’une réunion d’urgence de son cabinet mercredi 3 juillet au soir. Mais la situation semble encore loin d’être sous contrôle, puisque les jeunes d’origine éthiopienne ont accumulé beaucoup de frustrations et de colère.

L’aveu d’un échec d’intégration

Il faut dire que ce drame n’est pas le premier du genre en Israël et représente encore une fois l’échec d’intégration de la minorité éthiopienne. Des émeutes de la communauté éthiopienne avaient déjà éclaté en 2015 dans plusieurs villes.

À la fin des années 1980, les juifs en provenance d’Ethiopie (ils sont près de 150 000 actuellement) ont été rapatriés de leur pays d’origine vers Israël lors de trois opérations militaires israéliennes. À l’époque, cette immigration a été saluée comme étant un geste humanitaire vis-à-vis d’une population qui mourait de faim. Mais l’intégration de la communauté éthiopienne dans l’économie d’Israël n’a jamais aboutie.

Celle-ci se sent discriminée dans l’accès à l’éducation, à l’emploi et au logement. Régulièrement interpellés par la police, les jeunes sont nombreux à se dire victimes de “délit de faciès” en raison de leur couleur de peau.

 

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