Tunisie : Béji Caïd Essebsi, une figure de l'après-révolution qui s'éteint
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Rédaction Ecomnews Med
vendredi 26 juillet 2019 Dernière mise à jour le Vendredi 26 Juillet 2019 à 09:43

Béji Caïd Essebsi est décédé à l’hôpital militaire de Tunis ce jeudi 25 juillet 2019. De son rôle auprès de Bourguiba à son accession à la présidence, Ecomnews Med dresse le portrait du premier président élu démocratiquement après la révolution de 2011.

La Tunisie est en deuil, après la mort de Béji Caïd Essebsi. Le président est décédé à l’hôpital militaire de Tunis ce jeudi 25 juillet 2019, à l’âge de 92 ans. Responsables politiques nationaux et dirigeants du monde ont depuis multiplié les hommages. « Le président Caïd Essebsi a largement participé dans le processus d’évolution de la Tunisie et assuré la stabilité du pays. Il restera vivant dans le cœur des Tunisiens et celui des peuples arabes », a notamment réagi le chef de l’Etat égyptien, Abdelfattah al-Sissi.

Né le 29 novembre 1926 à Sidi Bou Saïd en banlieue nord de Tunis, Béji Caïd Essebsi a été président de la République du 31 décembre 2014 jusqu’à sa mort.

Conseiller de Bourguiba

Fils d’un agriculteur, il effectue ses études secondaires au Collège Sadiki et étudie le droit à Paris. Il obtient sa licence en 1950, avant de regagner Tunis pour exercer son métier d’avocat. Il a été marqué dès sa prime jeunesse par les événements du 9 avril 1938, qui le poussent sur le chemin du militantisme dans les rangs du Néo-Destour de Habib Bourguiba. Ce dernier l’appela aux lendemains de l’Indépendance pour être son conseiller puis directeur de l’administration régionale, au ministère de l’Intérieur. 

En 1963, Béji Caïd Essebsi a été nommé directeur général de la sûreté nationale, quelques mois après le coup d’Etat contre Bourguiba avant de devenir ministre de l’Intérieur en 1965, puis ministre de la Défense, de 1969 à 1970. Il avait également occupé les postes d’ambassadeur à Paris le 12 juin 1970, puis à Bonn en 1987.

Après avoir été suspendu de toute activité du Parti socialiste destourien en 1971, en raison de son ralliement à la fronde en faveur de réformes démocratiques du régime bourguibien, il rejoint le Mouvement des Démocrates Socialistes en 1978.

L’ascension vers la présidence de la République

Le 3 décembre 1980, Béji Caïd Essebsi a été rappelé au gouvernement comme ministre délégué auprès du Premier Ministre avant de se voir confier le portefeuille des Affaires étrangères, le 15 avril 1981. Élu député en 1989, il a présidé la Chambre des députés pendant l’année parlementaire 1990-1991 avant de se consacrer de nouveau à son cabinet d’avocat.

Après la Révolution du 14 janvier 2011, il a été désigné chef du gouvernement de transition jusqu’aux élections législatives du 23 octobre 2011.

En juin 2012, Caïd Essebsi a fondé son propre parti, le mouvement de « Nidaa Tounes ». Celui-ci remporte, aux élections législatives de 2014, 86 sièges à l’Assemblée des représentants. Béji Caid Essebsi a été, officiellement, proclamé vainqueur du second tour de l’élection présidentielle, le 22 décembre 2014. Il a été crédité de 55,68% des suffrages exprimés.

Une certitude, le président défunt a marqué des générations de Tunisiens et incarné pour le monde, l’un des visages de l’après-révolution. « Avec son décès, la Tunisie a perdu l’un de ses dirigeants les plus compétents et persévérants dans l’édification d’une Tunisie démocratique et prospère, capable d’offrir un avenir meilleur à son peuple et un modèle pour la région », a ainsi résumé Federica Mogherini, Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères.

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