Algérie : passage à l’anglais dans l’enseignement supérieur
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Rédaction Ecomnews Med
mardi 30 juillet 2019 Dernière mise à jour le Mardi 30 Juillet 2019 à 13:45

La transition vers la langue de Shakespeare dans les universités algériennes se précise de plus en plus. En effet, le 21 juillet dernier, le ministre de l’Enseignement supérieur Bouzid Tayeb a officiellement demandé que les titres des documents universitaires officiels soient écrits en arabe et en anglais. Cette initiative fait suite à une enquête qu’il avait lui-même lancée et qui, selon lui, a donné des résultats favorables à sa position.

Affirmant que « le français est une langue qui ne mène nulle part », M. Tayeb a fait part le 8 juillet dernier de sa ferme intention de confier aux commissions pédagogiques la mission de renforcer l’utilisation de l’anglais dans la recherche scientifique des universités, justifiant son choix par le fait que cette langue est la plus utilisée sur la scène internationale.

Il s’agit de la première décision prise par un officiel Algérien à ce sujet depuis le début du débat français/anglais en 2010, lorsque l’ancien ministre de l’enseignement supérieur, Rachid Harraoubia, a rendu compte des efforts déployés par son département pour « introduire la langue anglaise au lieu du français dans les universités », notamment dans les domaines technologique et scientifique.

Pour certains, cette mesure n’est qu’un moyen de détourner l’attention du peuple de ses principales préoccupations, à savoir le départ de toutes les personnalités étroitement ou indirectement liées à l’ancien régime, considérant que le discours du ministre est de nature populiste, destiné à calmer les milieux islamistes, lesquels se disent en faveur de l’intronisation de l’anglais comme deuxième langue officielle au pays.

La classe intellectuelle s’indigne de cette décision

Sur sa page Facebook, le professeur Redouane Boudjemaa, professeur des sciences de la communication, a déclaré que ce débat n’est qu’une tentative « d’idéologisation inutile » de la part de la classe dirigeante en Algérie. Cette opinion est partagée par l’écrivain Kamel Daoud, qui déplore « l’amateurisme » et « l’inconscience » avec lesquels cette approche, qui compromet l’avenir des Algériens, a été entreprise.

Le romancier à succès Amine Zaoui, pour sa part, a écrit dans l’une de ses chroniques que le remplacement du français par l’anglais n’est qu’une aventure menée par les « Islamo-Baathistes ». Sur Twitter, les réactions ont également fusé de toutes parts. Parmi elles, celle de Yasmina, docteur en géologie à l’USTHB, considérée comme la plus prestigieuse université d’Algérie, qui a indiqué que changer de langue est loin d’être suffisant pour remédier aux nombreuses lacunes de l’enseignement supérieur dans son pays.

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