Tunisie : Bilan politique du duo Chahed / Essebsi
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Rédaction Ecomnews Med
jeudi 1 août 2019 Dernière mise à jour le Jeudi 1 Août 2019 à 09:38

Formé à l’école de Bourguiba, le « père de la nation », le président Tunisien Béji Caïd Essebsi, décédé le 25 juillet dernier, entendait incarner le prestige de l’Etat et redonner confiance aux Tunisiens à l’ère post-Benali. La nomination du jeune Youssef Chahed au poste de premier ministre participait de ce nouvel élan. Ecomnews Med dresse le bilan politique du duo.

Encore inconnu il y a 10 ans, le quadragénaire Youssef Chahed a été nommé à la tête du gouvernement Tunisien par le Président Essebsi en août 2016. Déjà. Il a su rester en poste plus longtemps que ce que prédisait la classe politique du pays, contre vents et marées, et il détient même le record de longévité à son poste.

Dès le départ, le programme était pour le moins ambitieux, mais jugé réalisable par les signataires de l’accord de Carthage 1 : lutte contre le terrorisme et la corruption, créer de la croissance et de l’emploi, moderniser l’administration publique, équilibrer les budgets de l’Etat, vitaliser les villes et les communautés, établir des institutions démocratiques.

En d’autres termes, il fallait redynamiser le pays en boostant son économie et en le stabilisant sur le plan social. Cela passait, notamment, par des réformes fiscales, et par la correction des déséquilibres macroéconomiques (déficit budgétaire et commercial, endettement, baisse de la productivité) au travers de politiques de mise à niveau des entreprises publiques, des administrations, des caisses sociales et de la caisse de compensation. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Le dinar Tunisien a perdu 25% de sa valeur, l’inflation est à 8%, la dette publique grimpe à 70 milliards (70% du PIB), les réserves en devises sont à 71 jours d’importations (en deçà du seuil de sécurité de 90 jours) et le taux directeur de la Banque centrale de Tunisie s’affiche à 6,75%.

A sa défense, Youssef Chahed invoque le legs du gouvernement précédent pour justifier la prise de plomb dans l’aile des réformes. Sur le plan social, la politique de lutte contre la corruption n’a pas réussi à obtenir les résultats escomptés (bien qu’il y a eu des opérations coup d’éclat comme l’arrestation d’hommes d’affaires influents pour corruption en 2017), il y a eu des pénuries répétitives d’eau et de médicaments, les versements des retraites connaissent des retards récurrents, des tensions ont éclaté dans le sud du pays…

Luttes fratricides au sein du parti Nidaa

Depuis sa nomination au poste de chef du gouvernement, Youssef Chahed fait face à une guerre intestine au sein de son propre parti Nidaa Tounes, et celui du président Essebsi. Hafed Caïd Essebsi, fils du défunt Président Tunisien et directeur exécutif du parti est un adversaire politique de Chahed.

Pour les observateurs tunisiens, les luttes de clans dans le sein même du parti au pouvoir n’ont pas aidé à la réalisation des objectifs économiques, sociaux et de bonne gouvernance du duo Essebsi/Chahed, et ont par contre plongé le pays dans un climat politique délétère. Face à cette situation, et à l’initiative du président, les acteurs politiques, dont Youssef Chahed, ont opté pour l’apaisement.

Lors d’une réunion regroupant les représentants du parti d’opposition Ennahda, du bloc de la « Coalition nationale » et de « Machrouu Tounes », le président avait rappelé l’importance du dialogue inclusif et la primauté de l’intérêt national de la Tunisie pour désamorcer la crise politique.

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