Maroc: les investissements ne créent pas suffisamment d'emplois, selon la Banque mondiale
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Rédaction Ecomnews Med
vendredi 9 août 2019 Dernière mise à jour le Vendredi 9 Août 2019 à 08:59

Le Maroc doit établir des règles “plus équitables” pour accroître la croissance et créer de l’emploi selon la Banque Mondiale. Coup de projecteur sur le dernier rapport de l’institution.

Au Maroc, les inégalités persistent dans le secteur privé. C’est ce que révèle le dernier rapport de la Banque mondiale (BM) réalisé sous la direction de la Société financière internationale (SFI). Cette étude intitulée “Diagnostic du secteur privé”, juge “inquiétante” la dynamique de ce secteur dans le pays et appelle à “une nouvelle vague de réformes”. 

Si le royaume chérifien bénéficie d’un taux d’investissement parmi les plus élevés au monde avec une moyenne de 34 % du PIB par an depuis le milieu des années 2000, les retombées en termes de croissance économique, de création d’emplois et de productivité sont “décevantes”. 

De nouvelles réformes dans ce secteur

Le pays se hisse à la 60e place du classement Doing Business établi par l’institution de Bretton Woods (il évalue la qualité de l’environnement des affaires). Une belle progression pour le Maroc, qui il y a dix ans, était au 129e rang de ce même classement. 

Le royaume a également mis en œuvre des politiques pour accroître son attractivité. D’autres états, comme la Colombie, les Philippines et la Turquie, font cependant mieux en termes de croissance, malgré des niveaux d’investissement bien inférieurs. “Les pays qui ont réussi à décoller économiquement sont parvenus à maintenir des taux annuels de croissance du PIB par habitant bien au-delà de 4 % pendant des décennies (contre des taux annuels moyens au Maroc de 2,9 % entre 2000 et 2017 et de seulement 1,6 % entre 1990 et 2000)” explique la Banque mondiale. 

Pour permettre à l’économie de décoller et d’augmenter sa croissance, l’accent doit être mis sur le secteur privé via de nouvelles réformes, notamment avec une mise en place de règles du jeu ”équitables pour tous les opérateurs”, précise l’étude.

Trop peu de création d’emplois

“L’économie marocaine a enregistré des performances particulièrement décevantes en termes de création d’emplois. Alors que la population en âge de travailler a augmenté, en termes nets, de 270 000 personnes par an entre 2012 et 2016, seulement 26 400 nouveaux emplois nets ont été créés en moyenne par an” indique le rapport. 

Avec seulement 17% de la population en âge de travailler qui a un emploi formel, et moins de 10% avec un emploi formel du secteur privé, la productivité du Maroc a été “faible”

Sur le long terme, entre 1970 et 2011, l’économie marocaine n’a enregistré aucun gain de productivité totale des facteurs de production (PTF). Encore qu’il semble y avoir eu une certaine amélioration dans les années 2000, avec des gains de productivité positifs, mais ceux-ci n’ont pas été suffisants pour soutenir la croissance actuelle, déclare l’institution mondiale. 

“L’accent mis sur la contestabilité du marché et la concurrence contribuerait à créer les conditions de l’émergence d’un secteur privé dynamique et diversifié, capable de créer les emplois dont le Maroc a urgemment besoin” explique la même source. Le royaume se doit donc de créer “un environnement favorable aux entreprises afin qu’elles puissent pénétrer les marchés, se développer et exporter”.

Léa Christol 

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