Tunisie : retour sur le bilan social du duo Chahed/Essebsi
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Rédaction Ecomnews Med
mardi 20 août 2019 Dernière mise à jour le Mardi 20 Août 2019 à 12:45

Après la désignation en août 2016 de Youssef Chahed comme le chef du gouvernement d’union nationale, la Tunisie surfait sur une vague d’optimisme et d’espoir. Trois ans plus tard, quel bilan peut-on dresser de son duo avec le Président de la République ,mort le 25 juillet dernier, Béji Caid Essebsi ? Si l’exécutif a œuvré pour une ouverture démocratique progressive, il n’a pas échappé aux guerres intestines. Le point.

Si Béji Caïd Essebsi, de son vivant,  et Youssef Chahed se sont rencontrés à plusieurs reprises pour parler de la situation sociale, économique et sécuritaire de la Tunisie, les tensions politiques entre les deux hommes ne se sont jamais dissipées.

Le chef du gouvernement n’a jamais manqué une occasion pour imposer son leadership, tout en prenant ses distances avec Essebsi. La sphère politique n’a connu que de courtes séquences « paisibles ». Dernier remous en date : le vote d’amendements au code électoral tunisien le 18 juin dernier, à seulement 5 mois du scrutin, avec pour conséquence potentielle l’impossibilité pour certains partis de se présenter aux prochaines présidentielles.

Face à cela, le peuple tunisien prend conscience de la situation et porte haut des revendications, tant sur les questions de l’emploi, de la justice, des conditions de vie ou encore de la santé et autres services de base (transports, eau, électricité…). Plus de 4 948 mouvements collectifs ont ainsi été enregistrés au cours des 6 derniers mois selon le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux. Le climat social reste donc tendu, et les réformes nécessaires mais impopulaires ne sont pour arranger les choses.

Une économie croissante mais insuffisante

La situation de la Tunisie inquiète : le gouvernement a multiplié les appels à la communauté internationale pour consolider la jeune démocratie tunisienne en stimulant la croissance économique. Si le tourisme a repris des couleurs avec une reprise fragilisée par les attentats, la croissance reste insuffisante pour inverser la courbe du chômage (15,5% en juillet 2019).

Le pays a de plus enregistré une inflation record en 2018 (+7,5%) ainsi qu’une hausse des dépenses publiques, financées essentiellement par endettement. La pression fiscale pèse sur le contribuable, ce qui a donné lieux à de nombreuses manifestations.

Face à cette économie à bout de souffle et à ce climat pesant, Chahed semble vouloir apaiser les tensions avec quelques concessions qui n’ont pas été du goût du FMI. Lors d’un séminaire « Séniors et retraités » organisé le 16 juillet, Chahed a promis que son gouvernement ne comptait pas augmenter à nouveau l’âge de départ à la retraite. Comment l’exécutif tunisien va-t-il gérer l’après BCE ? L’été promet d’être chaud du côté de Tunis…

 

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