Législatives en Israël : la Liste arabe unie prête pour une coalition gouvernementale
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Rédaction Ecomnews Med
mardi 27 août 2019 Dernière mise à jour le Mardi 27 Août 2019 à 10:33

A l’approche des élections législatives israéliennes, le chef de la liste des partis arabes, Ayman Odeh, se dit prêt à intégrer un gouvernement de centre-gauche sous certaines conditions. 

À un peu plus de trois semaines des élections législatives israéliennes, prévues le 17 septembre, la campagne bat son plein, avec son lot de surprises et de tractations. Dans une interview publiée dimanche 18 août par le quotidien Yedioth Ahronoth , le député Ayman Odeh, chef de la Liste arabe unie, s’est dit prêt rejoindre un gouvernement de centre-gauche “à certaines conditions”. 

Les conditions que pose Ayman Odeh concernent le processus de paix, mais aussi la place des citoyens arabes-palestiniens dans la société. Il réclame notamment la reprise des négociations avec les dirigeants palestiniens mais également l’annulation de la loi État-nation adoptée en 2018, ne reconnaissant le droit à l’autodétermination qu’aux Juifs. 

Il demande aussi à ce que le gouvernement facilite la construction d’habitations pour les Arabes et construise un nouvel hôpital public. 

Levée de boucliers

Ses déclarations ont occasionné de très nombreuses critiques. Le Likoud, parti de Benyamin Netanyahu, qui accuse continuellement son principal rival, Benny Gantz, de vouloir établir un gouvernement de gauche avec les partis arabes, voit dans ces propos une confirmation de sa théorie. 

La coalition Bleu Blanc, conduite par Benny Gantz, a de son côté rapidement pris ses distances avec les déclarations d’Ayman Odeh, soulignant la présence du parti anti-sioniste Balad au sein de la Liste arabe unie. “Nous ne pouvons pas nous associer avec des partis arabes qui ne reconnaissent pas l’État d’Israël comme un État juif” a déclaré Gabi Ashkenazi, l’un des dirigeants de cette coalition, cité par RFI.

À l’inverse, Nitzan Horovitz, le chef de la liste du Parti de gauche Meretz, a déploré la vitesse à laquelle Bleu Blanc s’est démarqué d’Ayman Odeh. Plusieurs responsables politiques arabes ont aussi pris leur distance, assurant qu’ils refuseraient de participer à un “gouvernement d’occupation”. 

Revenant sur l’affaire auprès de la chaîne de radio publique Kan, Odeh a contrattaqué, assurant que Gantz manquait de courage, qu’il n’avait pas encore pleinement défini son idéologie et aidait à tenir la population arabe écartée du pouvoir politique. “Je ne sais pas pourquoi il rejette [mon offre]”, a déploré le député, relayé par le Times of Israel. “S’il est vraiment en faveur de la paix, de l’égalité, de la démocratie et de la justice sociale — il devrait l’accepter. Mais apparemment il est contre [tout ça]. Il fait référence à moi comme « un Arabe » — c’est du racisme”.

Le chef de la Liste arabe unie assure qu’il souhaite “faire évoluer la politique arabe d’une politique de protestation à une politique d’influence”. 

Deux candidats considérés comme racistes interdits de se présenter 

La question des Arabes israéliens restent l’une des problématiques phare de cette campagne. La Cour suprême israélienne a d’ailleurs interdit à Benzi Gopstein et Baruch Marzel, deux candidats du parti “Force juive”, considérés comme racistes, de se présenter au scrutin.  

Le parti politique veut notamment pousser “les ennemis d’Israël à émigrer afin de conserver le caractère juif de l’Etat d’Israël”.

La Cour suprême a par contre renvoyé les appels à interdire “Force juive” et a maintenu la candidature d’Itamar Ben-Gvir, tête de la liste électorale du parti pour le scrutin de septembre.  

Léa Christol

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