Liban : ce qu'il faut retenir des notations de Standard & Poor’s et Fitch 
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Rédaction Ecomnews Med
mardi 27 août 2019 Dernière mise à jour le Mardi 27 Août 2019 à 14:06

Les deux agences de notation financière américaines Standard & Poor’s et Fitch se sont prononcées sur la situation du Liban. Le point avec Ecomnews Med.

Le suspense a pris fin, et révèlent une fois de plus la fragilité financière du Liban. Les rapports de Fitch et Standard & Poor’s, deux des trois principales agences de notation financières américaines avec Moody’s, ont été publiés vendredi 23 août.

Si S&P a décidé de maintenir la note du pays du Cèdre à « B- » avec perspective « négative », de son côté, l’agence Fitch a dégradé ses obligations libanaises, passant de B- (soit de très spéculatif) à CCC (risque de défaut élevé). Les raisons mises en avant sont nombreuses, notamment le déclin des dépôts bancaires, le manque de confiance envers les autorités (inefficaces), le ralentissement de la croissance économique et la fragilisation des relations entre le Liban et les Pays du Golfe, entre autres.

Des réformes budgétaires nécessaires

Malgré tout, le rapport fait état d’une progression dans la lutte contre le déficit public et l’élaboration d’un programme de réforme du secteur électrique. L’agence prévient toutefois que l’amélioration ou la détérioration de la situation dépendra essentiellement de l’évolution de la scène politique.

De son côté, dans son étude publiée début août, l’agence Moody’s avait maintenu la notation « Caa1 », avec perspective « stable ». Toutefois, l’agence a mis en garde le gouvernement libanais contre une détérioration continue des déficits public et extérieur (ce qui pourrait fortement impacter la stabilité financière du pays), ce qui risquerait de dégrader la note de la dette souveraine.

Le rapport de Moody’s révélait également que le Liban détient le plus haut ratio dette/recettes publiques parmi les pays notés par l’agence américaine, et insistait sur la nécessité de mettre en place des réformes budgétaires significatives pour redresser cette situation. Pour rappel, la dette publique culmine à plus de 86 milliards de dollars, soit plus de 150% du PIB, troisième taux le plus élevé au monde après le Japon et la Grèce.

Un avertissement pour les dirigeants

Les critiques des agences de notation sonnent avant tout comme un avertissement pour les dirigeants libanais, qui se sont engagés lors de la conférence de Paris d’avril 2018 (CEDRE) à lancer d’importantes réformes. Principal objectif : la réduction du déficit public d’un point par an pendant cinq ans, dont la réussite fait douter les agences de notation.

En réaction à ces nouveaux rapports, le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, s’est voulu rassurant. Selon lui, le gouvernement reste engagé dans le processus de réformes, qui pourraient permettre au Liban de regagner la confiance des partenaires.

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