Maroc : les étudiants en médecine et le gouvernement trouvent un accord
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Rédaction Ecomnews Med
vendredi 30 août 2019 Dernière mise à jour le Vendredi 30 Août 2019 à 10:03

Après plus de cinq mois de grève et de boycott des cours et des examens, les étudiants marocains en médecine sont parvenus à trouver un accord avec l’exécutif.

Il aura fallu plus de cinq mois de grève et de boycott des cours et des examens avant de trouver un terrain d’entente. Les étudiants en médecine sont finalement parvenus à signer un accord écrit avec les autorités marocaines.

“Le processus de signature a commencé ce mercredi 28 août”, s’est réjouit Hamza Karmane, membre de la Commission nationale des étudiants en médecine (CNEM). Une fois le document paraphé, les étudiants ont prévu de reprendre les cours, mais également d’annuler la marche nationale prévue le 1er septembre à Rabat.

Des revendications liées à la formation et aux infrastructures

Les revendications avaient commencé le 25 mars dernier. La plupart des d’entre elles étaient associées à la formation et aux infrastructures : augmentation des postes au concours de médecins internes, réduction des frais de matériel payés par les étudiants dentistes, système d’assurance-maladie obligatoire… En juin dernier, les ministères de l’enseignement supérieur et de la santé avaient assuré dans un communiqué vouloir “mettre en œuvre quatorze points ayant fait l’objet d’accord avec les représentants des étudiants”, sur les seize revendications estudiantines.

La mobilisation a cependant continué et trois professeurs ont été suspendus, pour ne pas avoir tenu leurs engagements professionnels ou pour avoir encouragé le boycott des examens, selon les manifestants.

Quinze des seize revendications acceptées par l’exécutif

Après plusieurs jours de négociation, la CNEM (commission nationale des étudiants en médecine), a soumis au vote estudiantin un dernier accord le 26 août. Le ministère de tutelle a accepté quinze des seize revendications.

Une seule n’a pas obtenu de réponse : l’interdiction aux étudiants du privé de passer le concours public du résidanat, accessible après la huitième année de médecine.

Des concessions ont toutefois eu lieu des deux côtés. “Certes, nous avons accepté que les étudiants du privé passent ce concours, mais à condition qu’il y ait suffisamment de terrains de stage et que les discussions restent ouvertes” a expliqué Hamza Karmane au Monde Afrique. La CNEM a déjà réussi à obtenir l’interdiction des étudiants des facultés privées de passer le concours public d’internat en cinquième année.

Les étudiants du public et du privé sont divisés. D’un côté, les premiers craignent une concurrence déloyale alors que les étudiants du privé ont de meilleures conditions de formation. Les autres, quant à eux, trouvent injuste le fait d’être exclus d’un concours étatique, les privant notamment de certaines spécialités.

La peur d’une privatisation de l’enseignement

Ces dernières années, les facultés privées se sont multipliées pour remédier au manque de médecins dans le pays. Le Royaume chérifien de 36 millions d’habitants compte actuellement 7,3 médecins pour 10 000 personnes, contre les 23 recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La CNEM brandit aujourd’hui le danger d’une privatisation de l’enseignement de la médecine.

En attendant de se prononcer définitivement sur le concours du résidanat, l’accord de principe entre les étudiants et les autorités permet de commencer à déterminer un calendrier, avec des examens de rattrapage et une rentrée possible en novembre.

Léa Christol

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