Algérie : l’armée veut des élections, la rue une Constitution
#Actualite #AideAuxEntreprises #BuzzNews #Collectivites #Decideurs #Economie #Emploi #EnDirectDe #Entreprises #Institutions #Politique #VieDesEntreprises #ALGERIE
Sami Bouzid
mercredi 4 septembre 2019 Dernière mise à jour le Mercredi 4 Septembre 2019 à 09:09

Dans une nouvelle déclaration, le chef d’Etat major et actuel homme fort du pays Ahmed Gaid Salah, a émis le souhait de voir le Président par intérim, Abdelkader Bensalah, convoquer le corps électoral avant la fin de l’année 2019. Une suggestion rejetée par le mouvement populaire.

« Il est opportun de convoquer le corps électoral le 15 du mois de septembre courant et que les élections puissent se tenir dans les délais fixés par la loi ». C’est avec ces mots que le général Ahmed Gaid Salah a sommé le président par intérim, Abdelkader Bensalah, d’agir rapidement. Dans ce qui ressemble d’avantage à une injonction qu’à une suggestion, l’armée exprime ainsi sa volonté de voir les élections se tenir avant la fin de l’année.

La loi algérienne prévoit en effet que le « corps électoral est convoqué par décret présidentiel 90 jours avant la date du scrutin ». 

Par ailleurs, dans son discours, Ahmed Gaid Salah a tenu à saluer « les efforts fournis par l’Instance nationale de la médiation et du dialogue », sans préciser à quoi servirons ses conclusions. Chargée par le chef de l’Etat de fixer après consultations les modalités d’organisation de la présidentielle, elle n’a toujours pas fini son travail.

« Etat civil et non militaire »

Pour la 28ème semaine consécutive, les étudiants sont sortis dans la rue mardi 3 septembre, dans un mouvement devenu maintenant une habitude. Les manifestants ont rejeté la présidentielle dans les termes réclamés par le chef d’Etat major, craignant que l’organisation du scrutin soit manipulé par les proches du pouvoir.

Aux cris de « un Etat civil, pas un Etat militaire », les étudiants ont scandé leur opposition au « coup de force de Gaid Salah », ainsi qualifié par Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme.

Les proches du pouvoir mis en cause par la manifestants ? Le chef d’Etat major lui même ( longtemps soutien indéfectible de Bouteflika) , le Premier ministre Noureddine Bedoui et le Président par intérim Abdelkader Bensalah. Les manifestants réclament en outre une nouvelle Constitution avant la tenue des élections, et l’organisation de ces dernières par une instance indépendante du pouvoir. Réponse de Gaid Salah ? Il y aura « la révision de quelques textes de la loi électorale ».

Pas de quoi satisfaire les Algériennes et Algériens, qui seront sans doute nombreux vendredi à manifester dans les rues du pays.

Réagissez à cet article

Vos commentaires

Rejoignez la discussion

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *