Tunisie : six solutions économiques pour sortir de la crise
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Denys Bédarride
mardi 10 septembre 2019 Dernière mise à jour le Mardi 10 Septembre 2019 à 15:56

L’initiative ECON4Tunisia a présenté son « Livre bleu » contenant une série de propositions économiques qui « peuvent constituer les éléments d’un programme de sortie de crise » pour l’économie tunisienne.

 

Un « Livre bleu » contenant une série de propositions économiques pour la Tunisie a été présenté vendredi 30 août 2019 à Tunis parl’initiative ECON4Tunisia. Cette initiative regroupe 70 économistes et experts tunisiens, avec à leur tête l’économiste et ancien ministre tunisien de l’économie et des finances Hakim Ben Hammouda. Les experts ont identifié six défis majeurs : 

La stabilisation des grands équilibres macro-économiques, notamment « le déficit public et la balance extérieure qui ont été à l’origine d’une explosion de l’endettement ». 

Il s’agit notamment de mettre en place une fiscalité plus juste et efficace pour réduire le déficit public à travers l’harmonisation de l’impôt sur les sociétés autour de trois taux (taux minimum à 10%, taux général à 15% et taux spécifique à 35%) et la fin du régime forfaitaire à l’horizon 2021 par exemple.

Une attention tout particulière est aussi dédiée à la maîtrise du déficit commercial (mise en place d’une task force multidisciplinaire spécialisée en matière de défense commerciale, résolution du problème de la surfacturation des importations, etc.). 

Des réponses doivent aussi être apportées à la contrebande, au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme. A cette fin, ECON4Tunisia propose un changement de billets (mesure déjà appliquée en Inde). 

La relance de la croissance et de l’investissement, via notamment une numérisation de l’administration, une réforme en profondeur de la réglementation de change et une accélération de la réforme des entreprises publiques. 

L’amélioration du fonctionnement des marchés, entravé par de nombreux dysfonctionnements. Cela peut passer par une plus grande ouverture du marché obligataire domestique aux investisseurs étrangers, une Banque centrale plus active dans le soutien à l’économie, la transition d’un régime de flottement géré (i.e. où les fluctuations sont maitrisées) vers le flottement total, ou encore la création d’une Bourse Africaine des Commodités Agroalimentaires pour aider à la montée en gamme au sein des chaînes de valeur reposant sur les filières de commodités africaines. 

La mise en œuvre de politiques sectorielles plus actives afin de favoriser le développement d’une industrie 5.0 par exemple (levée des contraintes à l’exportation rencontrées par les entreprises du secteur onshore ; décloisonnement entre les régimes offshore et onshore ; mise en place d’un crédit d’impôt à la Recherche & Développement), mais aussi d’une élaboration d’une stratégie de long terme favorisant la transition énergétique. 

La modernisation de la gouvernance des politiques économiques, à travers notamment la création d’un Conseil Economique National (qui devra faire partie de l’exécutif et être dans le système d’appui au Chef du Gouvernement) ou encore d’un réseau de réflexion stratégique (Tunisie Stratégie) qui coordonnera les travaux des différents intervenants et permettra au chef du gouvernement d’avoir une synthèse des travaux des différentes institutions (l’institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ), le Centre de recherche et d’études sociales (CRES), etc.) et enfin d’une Agence Nationale du Trésor, placée sous la tutelle du Ministère des Finances. 

La mise en place de politiques sociales, ciblant notamment l’éducation, la retraite et le chômage. 

 

Source : Service Economique Régional Tunisie / Libye – Ambassade de France en Tunisie

 

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