Un grand débat historique pour la Tunisie
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Rédaction Ecomnews Med
mercredi 11 septembre 2019 Dernière mise à jour le Mercredi 11 Septembre 2019 à 07:02

Les candidats aux élections présidentielles tunisiennes ont été réunis lors d’un grand débat télévisé, lors de 3 soirées. Le point avec Ecomnews Med.

A quelques jours des élections présidentielles, fixées au 15 septembre prochain, la Tunisie vient de vivre un moment quasi historique, salué tant par les politiques que par les médias et même les citoyens, rassemblés en masse dans les cafés pour ne pas le manquer. Les 26 candidats ont été réunis lors d’un grand débat, s’échelonnant sur 3 soirées depuis samedi 7 septembre.

L’événement, nommé «La route vers Carthage. La Tunisie fait son choix» (en clin d’œil à la ville qui abrite le palais présidentiel) a été transmis sur la chaîne nationale El Wataniya, et repris sur 11 chaînes de télévision et plus d’une vingtaine de radios. Un moment fort pour le pays qui appuie sa volonté de démocratie.

La débat télévisé, un enjeu majeur pour les Tunisiens

« Historique », « Moment de fierté », les mots sont puissants. Il faut dire que ce débat télévisé a mobilisé une énergie et des moyens conséquents. Les médias, aussi bien publics que privés, ainsi que l’ONG Munathara, experte dans le débat politique, sont sur le qui-vive depuis des semaines afin de couvrir ce grand débat réunissant l’ensemble des candidats à l’imminente élection présidentielle.

Après un tirage au sort réalisé fin août, les candidats ont été répartis dans 3 groupes, pour participer aux trois soirées de ce grand débat. Le plateau en demi-cercle les a accueillis, avec deux journalistes faisant office de modérateurs. Et les enjeux étaient bien palpables : face à ce nombre impressionnant de candidats, et donc de programmes, les Tunisiens attendaient beaucoup de ces soirées afin d’y voir plus clair, et d’arrêter leur choix.

L’effort salué, avec toutefois un sentiment mitigé

Les Tunisiens ont pu assister à 3 grandes soirées, leur permettant de découvrir plus en détail les candidats. Etaient présents :

– Le samedi 7 septembre 2019 : Amor Mansour, Mohamed Abbou, Abir Moussi, Néji Jalloul, Mehdi Jomaa, Moncef Marzouki, Abid Briki, Abdelfattah Mourou. A noter l’absence de Nabil Karoui, soupçonné de fraude fiscale et de blanchiment d’argent et placé en détention le 23 août dernier.

– Le dimanche 8 septembre 2019 : Mohsen Marzouk, Elyes Fakhfekh, Mongi Rahoui, Hechmi Hamdi, Abdelkarim Zbidi, Mohaled Sghaïer Nouri, Hamadi Jebali, Mohamed Lotfi Merayah et Hatem Boulabyar.

– Le lundi 9 septembre : Kais Saied, Slim Riahi, Safi Said, Hamma Hammami, Seif Eddine Makhlouf, Said Aïdi, Selma Elloumi, Youssef Chahed.

Lors des soirées, les candidats sont intervenus autour de 3 thématiques : la politique étrangère, la défense et les questions générales relatives aux libertés, à l’économie et aux secteurs vitaux. Ils avaient 90 secondes pour répondre à des questions tirées au sort, avec également un temps d’« expression libre » sur la thématique en question, puis à la fin du débat, ils sont intervenus pour présenter leurs promesses électorales.

Le politologue Larbi Chouikha souligne que « dans ce premier exercice télévisuel, qui n’était ni un débat ni, encore moins, un talk-show, les candidats ont pu s’exprimer calmement, sans vociférer, dans un respect mutuel apparent. Cet exercice a révélé des candidats qui avancent des idées concrètes et intéressantes, alors que d’autres se sont réfugiés derrière une forme de langue de bois ». L’expert en communication politique Karim Bouzouita partage son analyse sur les candidats, mettant en avant l’aplomb de Mohamed Abbou, mais regrettant son approche trop « scolaire », la clarté de Moncef Marzouki et d’Abir Moussi, et a contrario, la désinvolture de Néji Jalloul ou encore la théâtralité d’Abdelfattah Mourou.

A l’issue de ce grand débat, il apparaît que rien n’est joué. Les téléspectateurs ont en effet apprécié ces présentations, regrettant toutefois le manque d’échanges entre les candidats, un côté un peu lisse qui laisse un sentiment mitigé sur l’événement.

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