Algérie : Quelles sont les causes et les conséquences de la crise économique ?
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Eric Emmanuel Galland
vendredi 20 septembre 2019 Dernière mise à jour le Vendredi 20 Septembre 2019 à 14:13

Les raisons de la crise de l’économie algérienne sont généralement imputées à la baisse du prix du baril, qui s’est déprécié de 46% durant les cinq dernières années. Cependant, de nombreux spécialistes, pour qui les raisons sont multiples, pointent du doigt l’inaction des gouvernants et la difficile reconversion de l’économie algérienne. De leur côté, les présidents des associations de consommateurs, d’artisans et de commerçants s’alarment des conséquences d’ores et déjà observées.

Depuis cinq ans, l’économie algérienne sombre dans une crise sans précédent.  La dépréciation du baril de Brent a considérablement réduit les recettes à l’export et l’inflation, chiffrée à 4,3% en 2018, continue sa progression inquiétante. En 2019, les spécialistes s’accordent à dire qu’elle pourrait atteindre, voire dépasser les 5,6%.

Depuis deux ans, le recours systématique à la planche à billet ne rassure pas les observateurs qui en connaissent les risques. Sur les 50 milliards de dollars imprimés, la moitié à été injectée dans l’économie algérienne. Le reste devrait servir à éponger le déficit en 2020 et 2021, laissant le pays au bord de la cessation de paiement.

Quelles sont les solutions pour sortir l’Algérie de la crise ?

Il n’existe pas de solutions miracles. L’Algérie va devoir transformer son économie en profondeur et la diversifier pour ne pas dépendre d’un secteur aussi fragile et fluctuant que les énergies fossiles. Pour cela, une impulsion politique forte est indispensable et c’est là que le bât blesse. En effet, la crise politique que rencontre le pays n’est pas sans conséquences. Les incertitudes inquiètent les potentiels investisseurs et le pouvoir en place, déjà fragilisé, évite de prendre des décisions fermes, qui pourraient déplaire à son électorat.

L’allégement de la règle 49/51, qui limite à 49% la part des investisseurs étrangers dans une entreprise de droit algérien, est cependant un début de réponse. En effet, voyant ses recettes se réduire comme peau de chagrin, Alger va devoir se tourner vers les capitaux venus de l’étranger.

Quelles sont les conséquences de la crise pour la population ?

Si les prévisions sont pessimistes, la crise économique a d’ores et déjà des conséquences pour la population. Le 17 septembre, les présidents de l’Organisation algérienne pour la Protection et l’Orientation du Consommateur et son Environnement (Apoce) et de l’Association Nationale des Commerçants et Artisans (ANCA) se sont exprimés dans le médias pour tirer la sonnette d’alarme.

« Une récession sérieuse de l’économie algérienne a été constatée sur le terrain. Toutes les filières, de tous les secteurs, sont touchées par une crise sans précédent ! » souligne Mustapha Zebdi, président de l’Apoce, avant de rappeler que des dizaines d’usines ont déjà mis fin à leur activité, générant des centaines de potentiels chômeurs.

Hadj Tahar Boulenar, le président de l’ANCA, ne cache pas non plus son inquiétude. « Plusieurs marchés de gros (Hamiz, Setif, Elma…) ont enregistré un repli de 30 à 40%. Cette diminution considérable s’est par conséquent répercutée sur les marchés de détail » affirme-t-il avant d’ajouter que « la seule issue possible serait un retour à la stabilité politique dans les plus brefs délais ».

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